241212 - MUS QZD - HUGO - MELODIES SUR DES POEMES DE VICTOR hUGO - SOLISTES, CHŒUR DE L'OPERA DE DIJON, ORCHESTRE VICTOR HUGO, JEAN-FRANÇOIS VERDIER

 





241212 - MUS QZD - HUGO - MELODIES SUR DES POEMES DE VICTOR HUGO - SOLISTES, CHŒUR DE L'OPERA DE DIJON, ORCHESTRE VICTOR HUGO, JEAN-FRANÇOIS VERDIER







ADÈLE HUGO

1830 - 1915

« Mélodies sur des poèmes de Voctor Hugo »

Sandrine Piau, Anaïs Constant, Axelle Fanyo (soprano), Karine Deshayes, Isabelle Druet (soprano), Laurent Naouri (baryton), Chœur de l'Opéra de Dijpn, Orchestre Voctor Hugo, Jean-François Verdier

Alpha.

HUGO – Nuits de juin

HUGO – Châtiments

HUGO – Chants du crépuscule

HUGO – Flebile nescio quid

HUGO - Encore à toi

HUGO - La Chanson de Jean Prouvaire

HUGO - L'Oiseau passe

HUGO - Regret

HUGO – Ce que chantait Gavroche

HUGO - Hymne des transportés

HUGO - Priez pour les morts

HUGO – Romances sans paroles




TECHNIQUE : 3,5/5

Enregistré en avril 2023 à l'Auditoriuml de la Cité des Arts de Besançon et en juillet 2024 au studio de l'Ondit, à Alfortgville, par Alban Sautour et Alix Ewald. Leds teintes mates, feutrées et chaleureuses de l'orchestre constrastenjt avec la clarté des voix féminines. Malgré la réverbération ajoutée dans les pièces chambristes, l'espace y est un peu étroit.





« Traces ensevelies sous les décombres de son destin tragique », selon la notice, les manuscrits musicaux de la fille cadette de Victor Hugo, internée à l'âge de quarante-deux ans pour le restant de ses jours, ont été retrouvés tout récemment. Fréquentant les concerts avant d'accompagner ses parents en exil, Adèle avait écouté Berlioz, s'était nourrie de Beethoven, régalée d'ouvrages lyriques légers, de romances à la mode, de chansons populaires – on en perçoit des échos déformés dans ses propres compositions, qu'elle abandonné à Guernesey en 1864, lorsqu'elle partit avec fracas pour suivre un soldat britannique. Si la musique que lui inspirent les vers paternels peine parfois à déployer ses ailes, tournant en rond ou grevée d'élans maladroits, à qui la faute ? Les seules leçons que reçut Adèle, en dehors du piano, se bornent à des cours d'harmonie par correspondance. Mais l'autodidacte progresse, et cela s'entend.

Chargé de trier les papiers d'Adèle, Richard Dubugnon a reconstiué et mis au propre quatorze mélodies qu'il a envelppées dans un orchestre évoquant plus souvent Berlioz que Gounod. Jean-François Verdier et ses musiciens bisontins s'y lovent avec enthousiasme. Ils savent flatter les délicatesses de Flebile nescio quid et surtout d'Encore à toi, où séduit le soprano ferme et charnu d'Axelle Fanyo. La Chanson de Jean Prouvaire, ciselée le sourire en coin par Sandrine Piau, et L'Oiseau passe, dans laquelle soupire Anne Constans, lorgnent davantage vers l'opéra-comique, tandis que Karine Deshayes fait voltiger la mélancolie de Regret, « où le bonheur brille et soudain s'efface ». Aux rêves de gloire fredonné par Gavroche (où spontanéité et candeur font oublier une inspiration assez frustre) répond l'espérance des « proscrits » dans le sombre et magnifique Hymne des transportés : prolongeant la prière de Laurent Naouri, le chœur du refrain a un pied dans la Marseillaise, l'autre dans l'Allegretto de lade Beethoven. Priez pour les morts constitue un pendant admirable par le lugubre dépouillement que lui rend Isabelle Druet.

Cinq brèves « romances sans paroles », où le piano de Laurianne Corneille dialogue alternativement avec une clarinette, une flûte ou un violoncelle, ponctuent le parcours et nous ramènent à l'intimité des salons. Une attachante découverte, qui nous fait regarder d'un autre œil l'héroïne du Adèle H. De François Truffaut.

François Laurent




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