241209 - MUS QZD - LA COMPAGNIA DEL MADRIGALE - « SI BREVE È'L TEMPO »

 





241209 - MUS QZD - LA COMPAGNIA DEL MADRIGALE - « SI BREVE È'L TEMPO »






LA COMPA
GNIA

DEL MADRIGALE

« Si breve è'l tempo »

Musique en Wallonie.

CASTRO - Madrigal

CORNET - Madrigal

DE MACQUE – Madrigal

DEL MEL - Madrigal

DESQUESNES - Madrigal

GABRIELI - Madrigal

    LASSUS - Madrigal

    MADRIGAL - Madrigal

PALESTRINA - Madrigal

PEVERNAGE - Madrigal

PHILIPS - Madrigal

STRIGGIO - Madrigal

TURNHOUT – Madrigal

VERDONCK – Madrigal




TECHNIQUE : 4/5

Enregistré par Giuseppe Maletto en octobre 2023 à la Confraternita dei Santi Rocco e Sebastiano, Turin. Une image bien définie et homogène, où les voix s'inscrivent dans une proximité tangible.





Loin des terres italiennes, le madrigal vécut aussi des heures heureuses. « Entre 1555 et 1620, plus de quatre-vingt cinq volumes contenant des madrigaux italiens sont imprimés à Anvers », révèle Frédéric Degroote, coordinateur de ce projet. C'est une partie de ce répertoire oublié – seize pièces sur les vingt et une enregistrées ici le sont pour la première fois – que fait revivre La Compagnia del Madrigale. Signées Séverin Cornet, Peter Philips, Jean de Turnhout, Jean Desquesnes et quelques autres, ces polyphonies du Nord n'ont pas grand chose à envier à leurs modèles transalpins – écoutez le très habile O vita, vita no de Cornelis Verdoncq et ses détours savamment négociés !

On connaît les mérites du collectif italien, maintes fois salué dans nos colonnes. Dès Bucciami mia vita de Giovanni De Macque, qui ouvre l'album, on retrouve ce souverain équilibre entre le texte et le chant. La Compagnia del Madrigale excelle à en faire assez sans jamais en faire trop – un exemple : Non rumor di tamburi de Striggio. Écoutez comme l'ensemble fait vivre Tempo sia hormai de Cornelis Verdonck par un expressif jeu de tensions et de détentes, comme Ite, caldi sospiri de Séverin Cornet est animé par un flux et reflux que soutiennent des effets de crescendo et diminuendo très minutieusement dosés !

À cette science de l'architecture répond le soin du détail. Amor che vuoi ch'io facci de Peter Philips affiche cent petites inflexions qui seraient impossibles à noter mais qui font vivre mots, phrases, lignes. Et cette beauté des intervalles ! Si la majorité des madrigaux est à six voix, les interprètes évitent toute monotonie : ils varient les ambiances, intercalent des pages pour d'autres effectifs (de trois à huit chanteurs) et diversifient les textures. Au dense Là ver'l'aurora (Striggio), plutôt concentré vers le grave, succède ainsi Liquide perle (Jean de Castro), plus aigu et allégé.

Porté par une interprétation constamment inspirée, ce qui aurait pu être un florilège de compositeurs secondaires se révèle un album de bout en bout réjouissant, se hissant parmi les plus beaux consacrés au madrigal.

Loïc Chahine




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