241209 - CIN FIL - ARTE - « SHARAF » - DE SAMIR NASR

 





241209 - CIN FIL - ARTE - « SHARAF » - DE SAMIR NASR






« SHARAF »


de SAMIR NASR


2024 – France


avec
Ahmed Al Munirawi, Fadi Abi Samra, Khaled Houissa, Ridha Boukadida, Tawfik Bahri, Mohamed Dahech, Jihed Cherni, Salha Nasrawi, Jala Hesham (Hoda)


1 h 29








Dans les geôles d’un pays arabe, la dérive d’un Candide comme le révélateur des maux qui gangrènent sa société abîmée par un régime totalitaire... Adaptée d’un roman de l’écrivain égyptien Sonallah Ibrahim, une oeuvre âprement politique.


Dans un pays arabe, Sharaf, 20 ans, est torturé puis jeté en prison pour avoir tué, en légitime défense, un étranger qui l'avait invité chez lui avant de tenter de le violer. Derrière les barreaux, dans l’attente incertaine d’un procès et d’un avocat qui ne se présente jamais, il découvre un univers carcéral vicié, caricature de la dictature qui broie les êtres au-delà des murs : surveillance érigée en système, violence, oppression des pauvres et corruption… Se débattant pour survivre, Sharaf est recruté comme informateur par le "pacha", directeur adjoint de la prison. Ce suppôt du régime le charge d’espionner son codétenu et ami, le docteur Ramzy, victime d’une machination après avoir dénoncé les agissements, toxiques pour la santé, de la multinationale qui l’employait…


Brisés par le système


Adapté du roman
Charaf ou l’honneur de l’écrivain égyptien Sonallah Ibrahim, Sharaf se déploie comme une autopsie méthodique des maux qui gangrènent les sociétés arabes, entre régimes totalitaires, corruption, islamisme et nationalisme exacerbé. Dans l’enfer pénitentiaire, le jeune héros, sorte de Candide dont les rêves se sont fracassés sur la réalité, s’accroche à ses pâles ambitions comme à une bouée, alors que les détenus sont divisés en deux catégories, les "ordinaires" et les "royaux" aux conditions de vie améliorées. Dans l’espoir d’une libération et de retrouvailles avec son amoureuse qui, inexorablement, s’éloigne, bientôt contrainte au mariage forcé, le jeune homme, en mal de promotion sociale, se laisse piéger par la promesse de privilèges. Autour de lui gravite une galerie de personnages, tous brisés par le système : un vieux cheikh illuminé, un homme ravagé par l’homicide involontaire qu’il a commis, et le médecin, chrétien laïc, condamné à hurler de vains appels à la révolte depuis le mitard où il est oublié. Avec un excellent Ahmed Al Munirawi dans le rôle de Sharaf, qui navigue entre naïveté et duplicité, le cinéaste germano-égyptien Samir Nasr brosse, à travers ce microcosme seulement éclairé par de fragiles lueurs de solidarité, le tableau sombre d’un monde arabe dystopique, où les aspirations à la justice, sociale et politique, sont arrachées à la racine.




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