241202 - MUS QZD - BRAHMS - SONATE POUR PIANO N°1 - ALEXANDRE KANTOROW
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241202 - MUS QZD - BRAHMS - SONATE POUR PIANO N°1 - ALEXANDRE KANTOROW
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JOHANNES
1833-1897 « Sonate pour piano n°1 » Alexandre Kantorow (piano). Bis. BRAHMS -Sonate pour piano n°1. SCHUBERT/LISZT – 5 Lieder. SCHUBERT : Wanderer-Fantaisie.
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TECHNIQUE : 4,5/5 Enregistré en février et mars 2023 à la Salle de musique de La Chaux-de-Fonds (Suisse) par Jens Braun (Take5). Le piano, subtilement décalé à gauche de l'image, émerge en relief, dévoilant une précision remarquable dans ses attaques. Chaque note ou accord se déploie dans un espace sonore à la fois vaste et profond. Une dynamique étendue ajoute à la qualité de l'ensemble.
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Après ses versons pleines de fougue et de flamme des Sonates n°2 et 3 saluées toutes deux par un Diapason d'or (Bis, cf. n°692 et 707), Alexandre Kantorow met ses prodigieux moyens au service de la Sonate n°1 (1852-1853) en ut majeur, dans une approche surprenante qui en domine de haut les exigences pianistiques et cerne avec acuité ses nombreuses significations. Beethovénienne, cette œuvre composée par le jeune Brahms après sa Sonate n°2 (1852) ? Bien superficiellement, tant elle a peu à voir avec l'affirmation colossale d'une harmonie unique comme au début de la « Hammerklavier », ni avec l'ouverture mystérieuse mais de longue portée de la « Waldstein ». Cela n'échappe pas à Kantorow. D'emblée, on est frappé par les teintes orchestrales que le pianiste donne aux différentes strates de la texture, nous laissant pleinement percevoir cette « symphonie déguisée » qu'y entendait Schumann. Respirant large dans chacun des quatre mouvements, ce jeu à la fois énergique, raffiné, fluide et très pensé semble se concentrer sur l'instant présent, qui génère paradoxalement des profils amples et statiques, plutôt que sur une grande ligne directrice embrassant l'architecture. Pourtant, se trouve pleinement traduite la progression organique d'idées thématiques qui naissent presque toutes armées de leur potentiel harmonique, polyphonique ou contrapuntique. Brahms a-t-il voulu concilier là deux filiations divergentes (Schubert et Schumann), voire dépasser deux conceptions opposées du temps musical ? L'interprétation étonnamment aérée, subtile et quasi vocalisante de Kantorow paraît pencher du côté schubertien, d'où la pertinence des compléments. Cinq célèbres lieder généralement transcrits par Liszt sont magistralement enlevés, montrant tout ce que ces pages doivent à chacun des deux compositeurs. Plus intrigante est l'aisance avec laquelle le pianiste français aborde la virtuose Wanderer-Fantaisie (1822), même si elle semblera à certains manquer de profondeur, de tragique en son finale. Étincelante, nuancée et ciselée à l'extrême, sa lecture séduit tant par la continuité dramatique que par une rare beauté plastique.
Patrick Szersnovicz
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