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LA
CONSPIRATION DU CAIRE »
de
TARIK
SALEH
2022
– France, Suède, Finlande
avec
Fares
Fares, Tawfeek
Barhom, Mohammad Bakri,
Mehdi
Dehbi
1
h 56
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Un
étudiant naïf est pris au piège d’une lutte de pouvoir
politico-religieuse au sein de l’université Al-Azhar du Caire.
Prix du scénario à Cannes, un thriller paranoïaque somptueux et
sans concessions, qui met à nu les dures réalités de l’Égypte
contemporaine.
Adam,
modeste fils de pêcheur égyptien, bénéficie d’une bourse
pour étudier à la prestigieuse université Al-Azhar du Caire,
haut lieu d’enseignement de l’islam sunnite. Peu après son
arrivée, le grand imam à la tête de l’institution meurt
subitement. Le jeune homme est alors précipité malgré lui au
cœur des luttes de pouvoir opposant les élites religieuses et
l’autorité politique, déterminée à faire élire le nouveau
dirigeant de son choix. Manipulé par le colonel Ibrahim, membre
de la sûreté de l’État, Adam devient un agent infiltré du
régime, exposé à tous les périls…
Thriller
labyrinthique
Cinéaste
suédois né d’un père égyptien, Tarik Saleh a déjà derrière
lui une longue carrière d’artiste graffeur, de documentariste
et de réalisateur lorsqu’il accède à la renommée
internationale en 2017 grâce au fascinant film noir Le
Caire confidentiel,
vue en coupe d’une société égyptienne gangrenée par la
corruption généralisée, au crépuscule du régime de Hosni
Moubarak. Cinq ans plus tard, le réalisateur adopte les codes du
thriller d’espionnage politique cher à John le Carré pour nous
dévoiler, à travers les yeux de son candide héros incarné avec
intensité par l’acteur palestinien Tawfeek Barhom (vu récemment
dans Les
fantômes),
les dures réalités de l’Égypte contemporaine, dirigée d’une
main de fer par le maréchal Al-Sissi. Passant avec virtuosité de
scènes de foule très graphiques à d’oppressantes séquences
en intérieur, Tarik Saleh utilise le décor grandiose de la
mosquée universitaire pour révéler les tensions entre les
différentes factions de l’islam politique, l’omnipotence des
services de renseignement et l’hypocrisie des uns comme des
autres. Digne successeur des protagonistes des thrillers
paranoïaques des années 970, le jeune Adam parvient à
s’extraire du dédale des trahisons, des menaces et des
faux-semblants, mais en payant le prix fort. Car, comme l’énonce
le colonel ambigu joué par le formidable Fares Fares, acteur
fétiche du cinéaste : "On
n’est pas maître de son destin."
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