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IL
BUCO »
de
MICHELANGELO
FRAMMARTINO
2021
– France, Allemagne, Italie
avec
Nicola Lanza, Antonio
Lanza, Leonardo Larocca, Claudia Candusso, Mila Costi, Carlos José
Crespo, Jacopo Elia, Federico Gregoretti, Giovanbattista Sauro,
Angelo Spadaro, Enrico Troisi, Denise Trombin, Luca Viani,
Leonardo Zaccaro, Paolo Cossi
1
h 30
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En
1961, un groupe de spéléologues découvre en Calabre une grotte
d’une profondeur exceptionnelle. À travers une mise en scène
sensorielle et contemplative, le cinéaste italien Michelangelo
Frammartino restitue cet épisode avec une infinie poésie.
En
1961, dans un bourg de montagne calabrais, les villageois se
rassemblent pour découvrir, sur l’unique poste de télévision
de la communauté, un reportage sur la tour Pirelli de Milan,
alors l’un des gratte-ciel les plus hauts d’Europe. Au même
moment, une équipe de jeunes spéléologues enthousiastes, venus
du nord de l’Italie, débarquent pour explorer à proximité le
gouffre du Bifurto, d’une profondeur inconnue. En altitude, un
vieux vacher les observe…
Poésie
de l'abîme
Cinéaste
rare, auteur de seulement trois longs métrages en vingt ans,
Michelangelo Frammartino a filmé chacun de ses opus en Calabre,
terre de ses origines, que son père a laissée derrière lui pour
Milan au tout début des années 1960. Ses précédents films, Il
dono (2003)
et surtout Le
quattro volte (2010)
ont révélé son regard si particulier, qui porte une attention
égale au vivant, qu’il soit humain, animal, végétal ou
minéral. Dans Il
buco (“le
gouffre” en italien), le réalisateur approfondit ce regard,
sorte d’arte
povera appliqué
au cinéma, pour restituer les vertiges éprouvés par les jeunes
spéléologues piémontais dans leur exploration de l’abîme
aussi bien que le souffle qui s’éteint dans le corps fatigué
d’un vieil homme. Outre la prouesse technique du tournage en
conditions réelles d’une descente à 683 mètres de profondeur,
la splendide photographie du maestro Renato Berta, chef opérateur,
entre autres, de Resnais, Guédiguian ou Godard, magnifie les
entrailles de la terre, animant d’un éclat magique les parois
des grottes souterraines. À la surface, l’imposant et paisible
massif du Pollino, au sud des Apennins, accueille bergers et
explorateurs, vaches et chevaux, dans son cadre immuable. Par ses
partis pris artistiques – prises de vues distanciées, pas de
dialogues intelligibles, mais des sons et des échos –,
Michelangelo Frammartino nimbe d’une poésie contemplative
l’insondable mystère de la nature environnante.
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