241117 - MUS QZD - KAPRALOVA - LES œUVRES POUR ORCHESTRE - SOLISTES, ORCHESTRE PHILHARMONIQUE JANACEK D'OSTRAVA, ANTENA HRON
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241117 - MUS QZD - KAPRALOVA - LES œUVRES POUR ORCHESTRE - SOLISTES, ORCHESTRE PHILHARMONIQUE JANACEK D'OSTRAVA, ANTENA HRON
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VITEZSLAVA KAPRALOVA 1915-1940 « Les œuvres pour orchestre » Veronica Rovna (soprano), Tomas Vrana (piano), Orchestre philharmonique Janacek d'Ostrava, Anlena Hron. CPO (2 CD). KAPRALOVA – Suite en miniature op. 1. KAPRALOVA – Sinfonieta militaire op. 11. KAPRALOVA - Suita rustica op. 19. KAPRALOVA – Waving Farewell op. 14. KAPRALOVA – Prélude de Noël. KAPRALOVA – Fanfare. KAPRALOVA – Partita pour piano et cordes op. 20. KAPRALOVA – Concerto pour piano op. 7. KAPRALOVA – Suite pour piano op. 1.
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TECHNIQUE : 4/5 Enregistré en mai et juin 2022 à la Maison de la culture d'Ostrava (République tchèque) par Jana Jelinkova. Des images orchestrales amples et bien définies, avec des pupitres très localisés. L'équilibre est harmonieux, la dynamique est excellente. Dans les œuvres concertantes avec piano, l'instrument soliste, disposé au centre, se détache très naturellement de l'orchestre, disposé en arc de cercle à l'arrière-plan.
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L'ÉVÉNEMENT
Une tchèque à Paris
Venue en France pour se perfectionner auprès de Munch et de Martinu, Vitezslava Kapralova fut à la fois cheffe et compositrice : enfin réuni, son legs orchestral nous sidère.
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Sa fulgurance évoque celle d'une Lili Boulanger, fauchée à peu près au même âge, elle aussi par la maladie. Vitezslava Kapralova a neuf ans quand elle commence à noircir du papier réglé, elle en a quinze pour son admission au conservatoire de Brno. Elle y étudie la composition, l'harmonie et la direction d'orchestre mais aussi de chœur, l'instrumentation, l'histoire de la musique et l'esthétique. Après avoir poursuivi sa formation à Prague (auprès de Vaclav Talich et Viteslav Novak), elle se rend à Paris en 1937 sur les conseils de Bohuslav Martinu. Elle intègre ainsi à vingt-trois ans l'École normale de musique, où elle suit, fascinée, l'enseignement de Charles Munch (qui s'adresse à elle en allemand). En revanche, elle ne parvient pas à profiter de celui de Nadia Boulanger (parce que dispensé en français). Palliant sa déception, Martinu accepte de lui donner lui-même des leçons de plus en plus particulières : le professeur et l'élève, de vingt-cinq ans sa cadette, entament une relation passionnée – elle s'achèvera lorsque Kapralova épousera l'écrivain Jiri Mucha en 1940. La mort brutale de la jeune femme, quelques mois après ses noces, mettra fin à un catalogue prometteur, dont CPO nous offre de découvrir tous les opus orchestraux – une aubaine. Frémissements Dès la Suite en miniature (1935), nous saisissent l'inventivité instrumentale et le sens de la couleur dont fait preuve Kapralova. Comparer cet Opus 1 à sa version originelle pour piano seul, proposée sur le CD 2, permet d'en prendre la mesure. D'autant que les musiciens de l'Orchestre philharmonique Janacek d'Ostrava affirment leur palette pour mieux restituer la transparence de sa texture. Les cordes frémissent et les bois énoncent des mélodies sans fin (Pastorale, Ukolébavka). Les bois illuminent également le joyeux Prélude de Noël (1939), commande de Radio PTT. Toujours très chantants, ils forment, avec les cuivres (Sinfonieta militaire de 1937), une part de l'identité de la compositrice. Ceux du Philharmonique Janacek y séduisent particulièrement par leur vivacité délicieusement pointue et leur rutilance (Fanfare de 1939). C'est à la veine populaire que puise la Suita rustica, hommage à Smetana commandé par les Éditions Universal de Londres. Une certaine nostalgie s'y fait jour, alternant avec des motifs enjoués au rythme marqué. Composé en 1937 au moment de quitter son pays natal, Waving Farewell est un bijou de sobriété : le beau soprano de Veronica Rovna, assorti d'une articulation parfaite, s'y mêle remarquablement aux instruments. Derniers feux Dans le Concerto pour piano (1935), la jeune femme teinte de modalité son postromantisme étincelant. Quel souffle, quelle assurance elle donne à l'Allegro entusiastico initial ! Le soliste déroule un lyrisme entêtant aux accents volontiers fiévreux (souligné dans le finale par des cuivres conquérants), traversé d'épisodes plus rêveurs voire sombres (Largo). C'est peu dire que Tomas Vrana, magnifique de subtilité, y subjugue. Dans la Partita (1939), plus incisive, son piano s'appuie sur des cordes formidablement aiguisées. La direction élancée d'Anlena Hron en flatte aussi les harmonies acidulées, les arêtes vives, les rudesses rythmiques. Partout, les musiciens d'Ostrava passent de la mélancolie à l'enthousiasme et de l'ombre à la lumière avec une prodigieuse aisance. Ils s'imposent de loin devant les rares gravures rivales (Supraphon, Naxos ...). Anne Ibos-Augé
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