241111 - MUS QZD - BRAHMS - QUATUORS AVEC PAINO - CHRISTIAN & TANJA TETZLAFF, BARBARA BUNTROCK, LARS VOGT
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241111 - MUS QZD - BRAHMS - QUATUORS AVEC PAINO - CHRISTIAN & TANJA TETZLAFF, BARBARA BUNTROCK, LARS VOGT
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JOHANNES BRAHMS 1833-1897 « Quatuors avec piano n° 2 et 3 » Christian Tetzlaff (violon), Barbara Buntrock (alto), Tania Tetzlaff (violoncelle), Lars Vogt (piano). Ondine (2 CD). BRAHMS – Quatuor avec piano n°2 BRAHMS – Quatuor avec piano n°3
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TECHNIQUE : 4,5/5 Enregistré en mars 2022 au studio de la radio de Brême (Opus 26) et en concert (Opus 60) par Christoph Franke. Les quatre instruments sont bien définis et équilibrés, avec des sonorités chaleureuses. Deux captations remarquablement homogènes, même si l'une est plus proche avec des sonorités plus rondes (concert), l'autre plus aérée (studio).
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Moins célèbres et joués que le Quatuor avec piano n°1, les n°2 (1861) et 3 (1955-1875) sont différemment révélateurs de l'intériorité et de la véritable nature du compositeur à cette époque. Un Brahms jeune, perfectible, tout sauf résigné et nullement synonyme d'artiste désabusé se calfeutrant dans des salons tendus de lourdes draperies. Un an et demi après la parution de splendides trios et Notturno de Schubert (Ondine, Diapason d'or, cf. n°722), Christian, Tania Tetzlaff et le regretté Lars Vogt, auxquels se joint harmonieusement l'altiste Barbara Buntrock, confient à chaque note son réel poids expressif et donnent une exubérante et magistrale leçon de musique. Les trois quatuors avec piano de Brahms devaient être gravés par l'équipe, mais le cancer avancé puis la disparition du pianiste n'ont pas permis l'enregistrement de l'Opus 25. Les deux interprétations qui nous restent se révèlent exceptionnellement convaincantes et même bouleversantes. Profondeur de champ, vivacité des contrastes, audace du rubato, mélange de fragilité, de ligne intérieure fermement conduite et de grande maîtrise technique singularisent ces lectures qui parviennent à explorer et à traduite quantité d'inflexions, de détails souvent ignorés ou survolés chez d'autres, tout en assumant une continuité dramatique basée sur un flux aussi naturel que lumineux. Enregistré en studio, l'Opus 26, en la majeur, d'une solide forme sonate à trois thèmes dans le premier de ses quatres mouvements, voit son climat d'ensemble ravivé ici par des couleurs et des contours d'une franchise admirable. Les quelques longueurs des trois autres parties sont largement compensées par un éclairage saillant de leurs idées mélodiques et par un équilibre rare entre osmose, égalité des souffles et apparente indépendance dans le mouvement des voix. Captée en concert, l'interprétation de l'Opus 60, en ut mineur, impressionne autant par son intense engagement que par son extrême subtilité. Avare de confidences et détestant parler de sa propre musique, Brahms en a pourtant livré la clef : l'œuvre, âpre, sombre et concise, bien antérieure de conception aux deux précédentes mais achevée et publiée plus tard, est née du profond désarroi d'un jeune homme de vingt-deux ans amoureux fou de Clara Schumann, épouse de son protecteur. Aérant la texture au maximum, phrasant avec une liberté parfois inouïe, les quatre musiciens illuminent de l'intérieur cette première apparition du clair-obscur brahmsien, sans doute la plus fantastique. Patrick Szersnovicz
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