241105 - MUS DIA IND – 173 - BARTOK - CONCERTO POUR ORCHESTRE, MUSIQUE POUR CORDES, PERCUSSION ET CÉLESTA - INTERPRÈTES DIVERS

 



241105 - MUS DIA IND – 173 - BARTOK - CONCERTO POUR ORCHESTRE, MUSIQUE POUR CORDES, PERCUSSION ET CÉLESTA - INTERPRÈTES DIVERS





Bartok a cinquante-cinq ans lorsqu'il compose en 1916 la Musique pour cordes, percussion et célesta, probablement son plus grand chef-d'œuvre. Créée le 21 janvier 1937 par Paul Sacher et l'Orchestre de chambre de Bâle, ses commanditaires, l'œuvre remporte un triomphe et sera reprise plus de quarante fois dans l'année qui suit, en Europe et en Amérique. C'est Herbert von Karajan qui en assure la première au disque, avec le Philharmonia, en 1949. Onze ans plus tard, son remake stéréo à la tête des Berliner Philharmoniker demeure sans doute l'interprétation la plus raffinée et fulgurante qui soit. Obtenant une synthèse entre rigueur analytique et sensualité, il exacerbe la tension harmonique des mouvements I et III, reflets de l'intériorité de Bartok, tandis que les II et IV sont plutôt des témoins de sa vigueur et de sa violence.

Dans ces mouvements pairs, d'une prodigieuse invention rythmique, l'énergie torrentielle de Karajan n'a rien à envier à celle de Fricsay ou de Mravinski, ni à l'incisive transparence d'un Boulez. Par son sens de la ligne intérieure, sa mise en lumière d'une écriture instrumentale où les cordes retrouvent une verdeur, une agressivité d'attaque que leur avait perdre une conception romantique, le chef autrichien atteint une réussite esthétique et poétique majeure.

L'unité interne et la splendeur ciselée sont également des atouts dans le Concerto pour orchestre (1943) qu'enregistrera Rafael Kubelik en 1958, avec le Royal Philharmonic Orchestra. Créé au Carnegie Hall de New York le 1er décembre 1944 par Serge Koussevitzki et le Boston Symphony (ses commanditaires), c'est un vaste et ambitieux « concerto de l'exil » dont les mouvements I et III portent l'essentiel du message expressif.

Intensité galvanisante

Le compositeur, malgré la solitude, la maladie et le sentiment d'arriver au terme de sa trajectoire créatrice, parvient à insuffler dans sa musique espoir, sérénité et même joie. Kubelik allie un sens exact du rythme et du phrasé bartokiens, une intensité galvanisante à une rare élévation de pensée et à un lumineux éclairage de chaque timbre et de chaque groupe d'instruments.

Au sein de la production chambriste de Bartok, Contrastes (1938) est la seule partition faisant appel à un instrument à vent. Offrant une apparente légèreté de touche, mais d'une écriture aussi substantiele que diversifée, ces trois mouvements plutôt concis, aux inflexions fortement modales, donnent tour à tour la préséance à la clarinette et au violon, le piano gardant le rôle de soutien. Le clarinettiste de jazz Benny Goodman (à l'origine de l'œuvre) et le violoniste Jozsef Szigeti en assurèrent, avec Bartok au piano, la création en avril 1940 au Carnegie Hall et l'enregistrement un mois après.

Patrick Szersnovicz






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