241028 - MUS QZD- WILLIAMS (CONCERTO POUR VIOLON N°1° & BERNSTEIN (SÉRENADE D'APR7S LE BANQUET DE PLATON) - JAMES EHNES, SAINT-LOUIS SYMPHONY ORCHESTRA, STEPHANE DENEVE

 





241028 - MUS QZD- WILLIAMS (CONCERTO POUR VIOLON N°1° & BERNSTEIN (SÉRENADE D'APR7S LE BANQUET DE PLATON) - JAMES EHNES, SAINT-LOUIS SYMPHONY ORCHESTRA, STEPHANE DENEVE







JOHN WILLIAMS

né en 1932

« Concerto pour violon n°1 »

James Ehnes (violon), ST. Louis Symphony Orchestra, Stéphane Denève.

Pentatone.

WILLIAMS – Concerto pour violon n°1

BERNSTEIN – Sérénade d'après le Banquet de Platon.




TECHNIQUE : 5/5

Enregistré en janvier 2023 et novembre 2019 au Powell Hall de St. Louis (États-Unis) par Brad Michel, Paul Hennerich & Kyle Pyke. L'image orchestrale impressionne par son relief et son ampleur, avec des plans sonores très distincts. La définition des timbres est d'une clarté exceptionnelle, avec des percussions extrêmement nettes et un violon solo idéalement intégré.





À la mémoire d'un ange. Début 1974 disparaît l'actrice Barbara Ruick, première épouse de John Williams, lequel esquisse dans les larmes un concerto pour violon qu'il finira deux ans plus tard. À ce moment, Jaws lui vaut un premier oscar. Hollywood absorbera désormais son temps et son esprit : le concerto ne sera joué qu'en 1981, écrasé par Star Wars, Superman, Close Encounters, Indiana Jones ... Il ne devra son salut qu'à un violoniste en pleine gloire à la fin des années 1990, Gil Shaham. Or voici que survient James Ehnes, non moins attaché au compositeur que Shaham ou Anne-Sophie Mutter, dans un style plus classique, plus noble, plus varié aussi, plus vivant. Sombre, inscrit « dans la tradition romantique » (Williams dixit) mais sous l'influence manifeste de Berg, chant continu sans véritable mélodie, le concerto touche enfin au but – une manière de perfection. Les textures flottantes du Moderato initial n'ont jamais paru si naturelles. Élégie intérieur, la Peaceful contemplation du deuxième mouvement forme un arche unique – unité à laquelle contribue un vibrato sain et souverain quoique constant. Qu'admirer de plus dans le finale ? La sonorité pure, jamais grasse, des bas registres ? Le suraigu éblouissant ? L'agilité sans esbroufe ? Ce drive irrésistible que ne maîtrisaient à ce point ni Shaham ni le créateur Mark Peskanov – tous deux superbes par ailleurs ?

Cette hauteur classique ne fait pas plus de tort à la Sérénade, conversation en cinq mouvements sur le livret préféré de Bernstein en 1954 : le Banquet de Platon. Morale, faconde, mythologie de l'amour, le compositeur n'est-il pas tout entier dans ce miracle de « non-orchestration » (cordes et percussions, au millimètre) ? Non seulement le virtuose canadien raffine les nuances, distingue avec une justesse innée le dolcissimo du tranquillo, habite chaque motif en jouisseur sévère, mais Stéphane Denève, à la tête d'un St-Louis Symphony parfait et bien enregistré, lui donne une réplique éclatante. Le vaste Socrates : Alcibiades conclusif, chef-d'œuvre où le démon du musical dégrafe la toge du philosophe, n'a peut-être pas le sang à 40° (« with violence » ?), mais qu'il est fluide, et clair, et vif, et riche ! Sans jeter les albums de Bernstein lui-même (avec successivement Isac Stern, Zino Francescatti et Gidon Kremer), ni ceux des fantastiques Vadim Gluzman (Bis) et Brian Lewis (Delos), ni d'autres par bonheur toujours plus nombreux, écoutez le duo Ehnes-Denève ! Sa voix porte loin, pour longtemps.

Ivan A. Alexandre




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