241027 - CIN FIL - ARTE - « WOMEN DO CRY » - DE VESELA KASAKOVA
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241027 - CIN FIL - ARTE - « WOMEN DO CRY » - DE VESELA KASAKOVA
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de VESELA KASAKOVA
2021 – Bilgarie, France
1 h 47 |
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Trois soeurs et leurs filles doivent surmonter des traumatismes induits par la violence masculine. Un manifeste féministe puissant et rageur, dressé contre les réflexes conservateurs de la société bulgare.
À Sofia, en Bulgarie, trois sœurs, dont deux élèvent des filles, composent un cocon féminin autour de leur père, qui les soutient financièrement. Par leur présence ou leur absence, leurs partenaires masculins se sont jusque-là avérés essentiellement causes de souffrances. Militante des droits des femmes et des LGBT, Yoana, lesbienne, reproche à sa jumelle Veronica, en pleine dépression post-partum, de passer son temps à s’occuper de son bébé. Leur sœur aînée Ana, témoin des violences que leur père a fait subir à leur mère décédée, ne se pardonne pas son silence et déplore que, malgré son amour pour ses deux filles, Lora et Sonja, celles-ci affichent une détestation mutuelle. Mais lorsque la seconde contracte le VIH, mères, filles, sœurs et tantes entreprennent ensemble un voyage mystique afin de reprendre le contrôle de leur vie.
Refuge sororal
Violences conjugales et sexuelles, abandon des conjoints, transition de genre inachevée… Mina Mileva et Vesela Kazakova livrent un puissant manifeste féministe, empreint d’autofiction : cette dernière interprète l’émancipée Yoana, quand sa sœur Bilyana, par ailleurs coscénariste, donne corps, à travers le rôle de Veronica, à sa propre expérience de jeune mère dépassée par les bouleversements d’une naissance. Dans ce film à l’énergie rageuse, elles relatent les espoirs et déboires de cinq femmes victimes de la brutalité masculine et fustigent le conservatisme à l’œuvre en Bulgarie contre la révolution féministe en cours – à l’image de ces hommes qui manifestent leur peur de voir disparaître leur identité masculine, supposément menacée par la notion de genre. Si la plupart des personnages masculins restent en retrait ou comme hors champ, le quintette talentueux de comédiennes crève l’écran, exaltant la solidarité féminine comme un refuge en même temps que comme une source d’émancipation. Présenté à Cannes dans la catégorie "Un certain regard", ce manifeste pour la sororité dresse in fine un réquisitoire sans appel : sans les hommes, ces deux générations de femmes auraient vécu plus heureuses et en meilleure santé.
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