241023 - MUS QZD - JEAN-PAUL GASPARIAN - « ORIGINS »

 





241023 - MUS QZD - JEAN-PAUL GASPARIAN - « ORIGINS »







JEAN-PAUL GASPARIAN

Piano

« Origins »

Naïve.

BADADJANIAN - Prélude et danse de Vagharshapat.

BADADJANIAN – Impromptu.

BADADJANIAN – Capriccio.

BADADJANIAN – Sonate polyphonique.

BADADJANIAN – Elégie.

GASPARIAN – Ballade.

GASPARIAN – Poème.

KHATCHATURIAN – Toccata.

BADADJANIAN – Spartacus (Adagio).

KOMITAS – Danses pour piano.




TECHNIQUE : 4,5/5

Enregistré en novembre 2023 par Dimitri Scapolan au Salon de Musique de la Fondation Singar-Polignac, à Paris. Une image de piano au relief et à l'ampleur très naturels, offrant une très grande dynamique. Timbres biens définis, avec un bl équilibre entre les registres graves, médiums et aigus.





Retournant à ses racines, Jean-Paul Gasparian inscrit au cœur de son deuxième album pour Naïve la musique arménienne qu'il voit comme la « fusion paradoxale entre la mélodie et la joie de vivre ». Lui-même formidable pianiste, Arno Babadjanian se taille la part du lion dans le programme. Exécutée avec un relief rageur assez extraordinaire, sa Danse du Vagharshapat (1973, d'après Komitas) est un joyau, tout comme l'ébouriffant Capriccio (1952), abordé avec un appétit non moins féroce par l'artiste de vingt-huit ans. Grand œuvre pianistique de Babadjanian, la Sonate polyphonique (1946-1956) impressionne tant par sa Fugue colossale, qui nécessite jusqu'à quatre portées et culmine en accords ffff « pesante », que dans une Toccata au rythme très marqué. D'une sublime simplicité, L'Elégie (1978) est dédiée à la mémoire de Khatchaturian. Là comme ailleurs, Gasparian nous subjugue : ces pages ont-elles jamais été mieux jouées depuis le compositeur lui-même (RDC) ?

Basés, comme L'Elégie, sur un chant de Sayat-Nova, mythique poète et musicien du XVIII° siècle, la Ballade et le Poème de Gérard Gasparian creusent le même sillon qu'un Babadjanian. Composés dans le années 1980, ils perpétuent une tradition folklorique toujours vivace. Aram Khatchaturian est représenté par une transcription du célèbre et très expressif Adagio de son ballet Spartacus. Komitas, figure tutélaire de la culture arménienne, à la foi prêtre, compositeur et ethnomusicologue est quant à lui évoqué par quatre délicates petites Danses (1906), à la rythmique finement ciselée. Dans la troisième, le piano chante et s'accompagne en imitant un modeste tambourin. Florian Noack (« Album d'un voyageur ») avait lui aussi succombé à ces épures fascinantes ; Jean-Paul Gasparian y instille un mélange unique de fragilité, d'étrangeté et de détermination. Un superbe et palpitant retour aux sources.

Bertrand Boissard




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