241016 - MUS QZD - FAURÉ - NOCTURNES ET BARCAROLLES - ALINE PIBOULE
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241016 - MUS QZD - FAURÉ - NOCTURNES ET BARCAROLLES - ALINE PIBOULE
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GABRIEL FAURÉ 1845-1924 « Nocturnes et Barcarolles » Aline Piboule (piano Gaveau, 1929). Harmonia Mundi. FAURÉ – Improvisation op. 84 n°5. FAURÉ – Barcarolles op. 42, 44, 66, 101, 104 n°2, 106 bis et 119. FAURÉ – Nocturne op. 37, 104 n°1, 107 et 119.
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TECHNIQUE : 4,5/5 Enregistré par Alban Moreau et Alexandra Evrard à la Cité de la Musique en décembre 2023. Un piano capté de près dans une image sonore profonde. Les graves généreux et amples de l'instrument, très bien défini, contrastent avec des aigus ramassés. Les harmoniques se superposent avec élégance et ajoutent à la richesse des plans sonores.
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Aline Piboule arrive chez Harmonia Mundi avec un album dédié à Gabriel Fauré – qu'elle rapprochait de Dutilleux pour son premier disque solo, en 2017 (Artalinna). L'Improvisation détachée des Huit pièces brèves op. 84 sert de portique ouvrant sur l'imaginaire commun des Barcarolles et des Nocturnes, ici mélangés sans faire cas de la chronologie. Manière de rappeler que les intitulés de ces « pièces pour piano » (comme disait leur auteur) et les « périodes créatrices » que les ont vu naître sont pure convenance. Au tardif Nocturne n°11, déchirant cri de révolte face à la mort injuste de Noemi Lalo, succède ainsi la Barcarolle n°5, écrite près de vingt ans plus tôt : la violence qui s'y déchaîne est sublimée dans une affirmation de vie rageuse, directement inspirée par Beethoven. L'immédiateté, la saine franchise avec laquelle la musique de Fauré est rattachée à ses sources romantiques ne sont pas moins flagrantes dans la Barcarolle n°3 : même si le début pourrait être un rien plus hésitant, nulle surarticulation frivole ne vient affadir le propos, l'élément ornemental étant toujours parfaitement intégré à la ligne. C'est aussi vrai du vaste Nocturne n°5, où l'assise rythmique demeure d'un bout à l'autre assez malléable pour laisser advenir soupirs songeurs et envolées passionnées : lecture décoiffante, dont un Gaveau quasi centenaire du musée de la Philharmonie de Paris se fait le complice. Les couleurs, l'ambitus dynamique, la longueur de note du vénérable instrument se transforment en savants éclairages, en jeux d'arrière-plans, en profondeur de champ pour mieux prendre la mesure des ultimes opus. Pas un instant de répit dans la tourmente du Nocturne n°12 qui exacerbe ses dissonances, porté par des basses d'un noir de granit. Comme lui, la Barcarolle n°12 se referme sur un horizon nuageux incertain : l'incertitude plutôt que le désastre. Aline Piboule s'impose ici comme la digne héritière de ces grandes fauréennes que furent Emma Boynet, Marguerite Long, Germaine Thyssens-Valentin ou Yvonne Lefébure.
Marc Lesage
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