241015 - MUS QZD - STROHL - MUSIQUE DE CHAMBRE - ARTISTES DIVERS
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241015 - MUS QZD - STROHL - MUSIQUE DE CHAMBRE - ARTISTES DIVERS
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RITZ STROHL 1865-1941 « Musique de chambre » Nicolas Baldeyrou (clarinette), Suichi Okada, Alexandre Pascale, Raphaëlle Moreau (violon), Léa Hennino, Claudine Legras (alto), Héloïse Luzatie, Aurélien Pascal, Edgar Moreau (violoncelle), Lorraine Campet (contrebasse), Quatuor Dutilleux, Celia Oneta Bensaïd, Tanguy de Williencourt. La Boîte à pépites (3CD).
STROHL – Grande Fantaisie–Quintette STROHL – Septuor STROHL – Arlequin et Colombine STROHL – Quatuor avec piano STROHL – Les deux trios avec piano STROHL – Quatuor à cordes STROHL – Musique sur l'eau STROHL – Solitude
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TECHNIQUE : 4/5
Enregistré par Mireille Faure à la Maison de l'Orchestre national d'Ile-de-France en octobre et novembre 2023 et au studio Sextan de La Fonderie en mai 2023. Captations en proximité très précises. Les différentes combinaisons instrumentales, du piano seul au septuor, bénéficient toutes d'une excellente définition, avec une restitution claire et équilibrée. Le quatuor à cordes se distingue par des timbres plus rugueux.
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L'événement
Géniale ingénue
La Boîte à pépites poursuit sa réhabilitation de Rita Strohl. Après les mélodies et en attendant les pages pour orchestre, un passionnant corpus chambriste sort de l'oubli.
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Une volubile Grande Fantaisie-Quintette (1886) avait attiré l'attention sur le talent singulier de Rita Strohl (Bru Zane, cf. n°722) : cette merveille inaugure le deuxième coffret que la Boîte à pépites consacre à cette compositrice farouchement indépendante. La musique de chambre qu'explore un jeune aéropage réuni pour la circonstance précède, pour l'essentiel, les mélodies que nous restituait le premier volume (cf. n°729). Si Strohl s'enracina dans sa chère Bretagne où elle demeura à l'écart des bouleversements de la vie musicale, elle avait pris durant six années des leçons auprès d'Adrien Barthe, professeur d'harmonie au Conservatoire de Paris, et de son épouse, la cantatrice Anna Banderali. Elle en tira manifestement un grand bénéfice, à en juger par des partitions aux élans lyriques artistement dosés. Les mouvements lents sont à ce titre particulièrement séduisants : la Prière du Trio avec piano n°1 (1884), assez schumannienne de prime abord, et l'Andante du n°2 (1888), à la douceur plus mélancolique et au frémissement irrésistible, ressemblent à des duos d'amour miniatures pour violon et violoncelle – ici ceux, très complices de Raphaëlle Moreau et de son frère Edgar. La piano de Tanguy Williencourt les aiguillonne discrètement, et soutient dans Arlequin et Colombine (1898) le dialogue de la clarinette de Nicolas Baldeyrou avec le violoncelle d'Aurélien Pascal. Si, dans l'Allegro alla burlesca qui referme ce trio, le virevoltant badinage s'interrompt un instant, la ronde repart de plus belle sous l'effet d'un tendre baiser. Songes et fantaisies Noté « très lent et très mystérieux » la Romance du Septuor (1890) confie aux archets une mélopée ponctuée de soupirs et de silences tandis qu'il revient au piano de Célia Oneta Bensaïd d'entraîner ses partenaires dans la fugue de l'Allegro molto, et d'y relancer le discours pour une ultime galopade. Cette vivacité toute en légèreté donne un relief impatient, quasi beethovénien, au finale du Quatuor à cordes (1885), lui aussi fugué. Elle fait mieux que tempérer, dans le Quatuor avec piano (1891), le caractère interrogatif, presque douloureux, du premier mouvement : elle le bouscule, lui insuffle un dramatisme saisissant. Frappe en outre un goût prononcé pour la variation, qui fait entrer un vent de fraîcheur et passer l'ombre de quelques grands modèles, solidement assimilés. La compositrice s'autorise ça et là une touche de fantastique, comme dans le Moderato de son quatuor à cordes : le calme agreste du début y cède la place, dans les dernières variations, à un grondement intranquille et dissonant. Cette perpétuelle effervescence, ces textures riches et changeantes sont restituées avec gourmandise par le Quatuor Dutilleux comme par les autres archets réunis autour des deux pianistes. Si le coffret fait l'impasse sur la Sonate pour violoncelle et piano « Titus et Bérénice », c'est qu'elle a déjà été bien servie par Edgar Moreau chez Erato (avec David Kadouch, cf. n°665). La Fantaisie-Quintette trouve ici une lecture à la verdeur plus marquée que sous les archets, plus raffinés peut-être, des Hanson (Bru Zane). Et comment résister, dans le finale du Quatuor avec piano (1891), à ces sonorités rustiques d'harmonium qui s'invitent au détour d'une variation ? Ou encore aux harmonies liquides de la « gamme à six tons », très debussystes, dans laquelle la compositrice baigne les Naïades et déchaîne l'Orage de ses Musiques sur l'eau (1903) ? François Laurent
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