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L'histoire
débute en province en 1839, juste à côté des terres des
cinq-cygne. La petite ville va devoir remplacer son député
vieillissant. Celui-ci prévoit de faire nommer son fils Charles
(rien n'a changé d'ailleurs avec nos habitudes 180 ans plus tard
les pratiques politiciennes se perpétuent allégrement). A
Paris cependant, le ministre Rastignac prévoit lui le parachutage
d'un certain ARCIS.
C'est
ainsi que se présente l'intrigue. Le projet fut conçu par
l'auteur en 1839. Après de multiples tentatives le texte se fait
et se défait jusqu'en 1843 où il est placé dans les oubliettes.
En 1847 Balzac racle les tiroirs, les créanciers crient au loup
et il reprend une fois encore ce roman martyr qu'il ne terminera
d'ailleurs pas de son vivant. Voici donc la symphonie inachevée
selon Balzac. Dans l'immense fouilli des personnages il peut
arriver que le lecteur particulièrement en forme ne s'endorme pas
tout de suite ou ne se retrouve dans un état de torpeur où tout
s'oublie.
Je
lus ce curieux livre sans trop comprendre. Je pense que Maintenant
le pire est passé
PERSONNAGES On
notera d'abord le réemploi du personnel d'Une ténébreuse
affaire, dans ses descendants (Giguet, Goulard, Michu, Violette)
ou ses survivants (Malin de Gondreville, Me Grevin). Enfin des
personnages relais (Diane de Cadignan, Du Tillet, la marquise
d'Espard) sont là pour assurer la connexion avec d'autres
romans.
Philéas
BEAUVISAGE : né en 1792. Fils d'un fermier des Simeuse, il avait
épousé la fille, née Grévin, d'un de leurs plus cruels
ennemis. Elu député d'Arcis en 1839 (La Cousine Bette, 1846).
Le personnage n'est pas sans rappeler ceux de Joseph Prudhomme et
de Jérôme Paturot (Colin Smethurst). On peut penser aussi au
Mitouflet de la Monographie du rentier (1839). Rédigée en
février 1840, la préface du Cabinet des Antiques cite le titre
d'un livre « déjà fort avancé », Les Mitouflet, titre repris
et augmenté par Balzac dans sa lettre à Théophile Gautier du
28 avril 1840 (Les Mitouflet, ou L'Election en province).
Cécile
BEAUVISAGE : née en 1820. Fille adultérine de Mme Beauvisage et
du vicomte de Chargeboeuf, c'est « la plus riche héritière du
département » (« lady Crésus »). Elle épousa, vers 1841,
Maxime de Trailles (Béatrix, 1845).
– Vicomte
René-Melchior de CHARGEBOEUF : sous-préfet d'Arcis en 1815.
Issu de la branche aînée, mais désargentée, d'une vieille
famille champenoise, dont la branche cadette, plus fortunée,
était de Cinq-Cygne. Amant de Mme Beauvisage et père de Cécile.
Muté à Sancerre en 1820, à la demande de Laurence de
Cinq-Cygne, il y fréquenta le salon de Mme de La Baudraye (La
Muse du département, 1843).
Simon
GIGUET : avocat. Fils du colonel d'Une ténébreuse affaire et
candidat, contre Charles Keller, des « électeurs indépendants
».
– Malin,
comte de GONDREVILLE : quatre-vingts ans en 1839 ou soixante-dix
ans en 1833. Organisé par les sbires de Fouché (Corentin et
Peyrade), son enlèvement avait donné lieu, en 1806, au procès
qui aboutit à la condamnation de Michu et des quatre cousins
apparentés Cinq-Cygne (Une ténébreuse affaire, 1841).
– Antonin
GOULARD : sous-préfet d'Arcis en 1839 et prétendant de Cécile
Beauvisage. Fils d'un ancien piqueur des Cinq-Cygne, maire de
Cinq-Cygne en 1803 (Une ténébreuse affaire, 1841).
– Me
GREVIN : ancien notaire, et ami d'enfance de Malin de
Gondreville. Agé de 76 ans en 1839, il « s'essayait à l'état
de cadavre ». Chef de l'opposition libérale, il espérait
marier Cécile Beauvisage, sa petite-fille, à Charles Keller.
– Comte
François KELLER : banquier, ami de Nucingen et gendre de Malin
de Gondreville. Député d'Arcis-sur-Aube depuis 1816, fait comte
et pair en 1839, il entendait laisser son siège à son fils,
Charles. L'invention de son personnage, dont le modèle passe
pour avoir été le banquier Laffitte, remonte à César
Birotteau (1837). Il avait été, sous la Restauration, régent
de la Banque de France, et orateur de la gauche à la Chambre (Le
Cabinet des Antiques, 1839), « défenseur des droits du peuple »
(Les Paysans, 1844). Liquidateur, en 1819, de la faillite
Grandet, avec des Grassins (Eugénie Grandet, Pl., III, 1143,
var. b, où il s'agit d'une variante de Furne (1843), en
remplacement d'une désignation anonyme dans l'édition
originale).
– Comtesse
François KELLER : née Bouvry (La Duchesse de Langeais,
1833-1834 ; Pl., V, 1014, var. a), puis Grandville (ibid., Furne,
1843) et pour finir Malin de Gondreville (Splendeurs et misères
des courtisanes, de Potter, 1844 ; Pl., VI, 1844, var. b. – Le
Cabinet des Antiques, Furne, 1844 ; Pl., IV, 981, var. E).
– Vicomte
Charles KELLER : fils des précédents. Chef d'escadron attaché
à l'état-major, en Algérie, du duc d'Orléans. La nouvelle de
sa mort, à trente ans, parvient à Arcis le jour de la réunion
électorale de Simon Giguet. Son monument funéraire, au
Père-Lachaise, représentent les trois glorieuses, « l'Armée,
la Finance et la Famille »
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