240911 - MUS QZD -« SOUS LES TILLEULS » - LORIS BARRUCAND, CLÉMENT GEOFFROY

 





240911 - MUS QZD -« SOUS LES TILLEULS » - LORIS BARRUCAND, CLÉMENT GEOFFROY






JOHANN SEBA
STIAN BACH

1685-1750

« Sous les tilleuls »

Louis Barrucand, Clément Geoffroy (clavecins).

L'Encelade.

Transcription d'après :

BACH – Concerto pour orgue BWV 593

BACH – Concerto pour orgue BWV 596

BACH – Wachat auf, ruft uns die Stimme BWV 140

BACH – Nun komm' der Heiden Heiland BWV 659

BACH – Cantate Actus tragicus BWV 106

BACH – Pedal-Exercitum BWV 598

BACH – Concerto pour deux clavecins BWV 1060

BACH – Passacaglia BWV 582.




TECHNIQUE : 3,5/5

Enregistré en novembre 2023 à la chapelle des Sœurs noires de Mons par Mathilde Genas. Se répondant de part et d'autre de l'image sonore, les deux clavecins se fondent avec une grande homogénéité de timbres. L'ensemble manque quelque peu de dynamique et de relief.





En adaptant pour leur duo de clavecins les Concertos BWV 593 et 596, Loris Barrucand et Clément Geoffroy emboîtent le pas au grand transcripteur que fut Bach, le Cantor ayant transporté à l'orgue ces originaux pour violon signés Vivaldi. Solaire, débordant de vitalité, leur proposition nous enthousiasme en donnant au son une ampleur quasi orchestrale sans remettre en cause la netteté de l'articulation. D'autant que, par la souplesse du geste et la volubilité des ornements, le tandem fait souffler sur ces pages un son d'italianità fort bienvenu – l'éloquence limpide de la Fuga, dans le BWV 596, en offre une parfaite illustration.

Barrucand et Geoffroy n'en sont pas à leur premier coup d'éclat : leur premier album commun, consacré à des transcriptions de Rebel et Boismortier (CVS, cf. n°694), s'imposait par l'art du caractère, l'énergie et le relief du théâtre. Voyez ici comme la pulsation, dans la Sonatina de l' Actus tragicus, souligne l'espérance qui en tempère l'affliction ! Suivant un Pedal-Exercitium BWV 598 dont la compacité impressionne, l'ample et profuse Passaglia BWV 582 est architecturée de mains de maîtres. La rigueur de sa conception nourrit sa vigueur au lieu de la contraindre : c'est jubilatoire, éblouissant.

Après pareil tourbillon, la simplicité de Wachet auf, ruft uns die Stimme BWV 140 nous enchante, nous prépare à un ultime feu d'artifice : un Concerto BWV 1060 réduit à ses seuls claviers. Est-ce assez dire la réussite de Barrucand et Geoffroy qu'on en oublie l'absence des parties d'orchestre ? Car tout y est : la vaillance de l'Allegro liminaire, la tendresse du Largo ovvero Adagio, comme les folles embardées de l'Allegro final. Tout convainc et emporte, imprégné par la complicité de Barrucand et Geoffroy, dont irradie le bonheur de jouer ensemble. Le nôtre à les écouter est intarissable.

Jean-Christophe Pucek




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