240902 - MUS DIA DOR - SEPTEMBRE 2024 - - MEYERBEER - LE PROPHÈTE - SOLISTES, CHŒURS DE L'OPÉRA DE LYON, LONDON SYMPHONY ORCHESTRA, MARK ELDER
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240902 - MUS DIA DOR - SEPTEMBRE 2024 - - MEYERBEER - LE PROPHÈTE - SOLISTES, CHŒURS DE L'OPÉRA DE LYON, LONDON SYMPHONY ORCHESTRA, MARK ELDER
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GIACOMO MEYERBEER 1741-1864 « Le Prophète » John Osborn (Jean de Leyde), Elizabeth DeShong (Fidès), Mané Galoyan (Berthe), Erwin Crossley-Mercer (Oberthal), James Platt (Zacharie), Guilhelm Worms (Mathisen), Valerio Contaldo (Jonas), Chœur de l'Opéra de Lyon, Maîtrise des Bouches-du-Rhône, Orchestre des Jeunes de la Méditerranée, London Symphony Orchestra, Marl Elder. LSO Live (3 CD) 3 h 15 MEYERBEER – Le Prophète
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TECHNIQUE : 4,5/5 Enregistré le 28 juin 2024 au Grand Théâtre de Provence, Aix-en-Provence, par Jonathan Stokes, Neil Hutchinson et Josh Witttaker. Cette captation de concert intègre remarquablement les voix solistes, d'une grande présence et d'une belle définition. L'équilibre avec l'orchestre et les chœurs est idéal. LA dynamique en impose, avec des fortissimos qui ne perdent jamais en clarté.
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Les rouages du fanatisme
Créé en avril 1849 dans un Paris secoué quelques mois plus tôt par une révolution écrasée dans le sang, Le Prophète sonnait comme un appel au calme, une invitation à éviter le pire. Ressuscité au Festival d'Aix 2023, l'ouvrage reste de circonstance.
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Ce Prophète, donné en version de concert, fut peut-être le concert le plus marquant à Aix en 2023. Distribution quasi idéale, orchestre somptueux, chœur excellent : le Palazetto Bru Zane et le festival restituait avec éclat le chef-d'œuvre de Meyerbeer. Loin de l'émousser, le disque ravive notre plaisir. Et tant pis pour la disparition du trio bouffe et les coupures dans le ballet à l'acte III, pour l'omission de l'Entracte et du Chœur des bourgeois au IV. Aubergiste naïf et illuminé, qui devient chef de la secte anabaptiste et se prend pour le messie, Jean de Leyde sacrifie sa fiancée Berthe à sa mère Fidès, qu'il finira par renier. Ce rôle exigeant et long, on le croirait destiné à John Osborn, avec, à l'acte II, une Romance délicatement phrasée, entre voix de poitrine et voix de tête, un Songe où chant et déclamation fusionnent magnifiquement. Mais la grande scène du Sacre révèle la vaillance d'un ténor sans que l'émission perde de sa souplesse. Ainsi assume-t-il le dernier acte sans effort, jusqu'aux couplets bachiques précédant l'incendie où il prend ses ennemis au piège et où Fidès vient mourir à ses côtés. Mater dolorosa Elle, c'est Élizabeth DeShong, confrontée à l'un des emplois les plus difficiles du répertoire par l'écartèlement infligé à la tessiture. Marylyne Horne fut une des rares à y ressusciter vraiment le souvenir de l'étonnante Pauline Viardot. DeShong la rappelle aujourd'hui par la solidité de l'aigu et la profondeur abyssale du grave. On admire la beauté du phrasé dans la Complainte de la mendiante, l'insolence de la scène de l'Exorcisme où, repoussée, égarée par la douleur, elle parcourt plus de deux octaves, la virtuosité de la cabalette du célèbre « O prêtres de Baal ». Jamais la mezzo ne cède à la tentation d'un expressionisme tuant le beau chant. Meyerbeer n'exige pas autant de la fiancée, enlevée par le seigneur qui veut abuser d'elle. Dès sa cavatine d'entrée, subtilement phrasée, la Berthe de Mané Galoyan déploie son soprano lyrique au fruité lumineux, capable de jolis pianissimos aigus. Mais lorsque le rôle se tend, surtout après avoir découvert que son bien-aimé s'est mué en prophète sanguinaire, elle n'a rien à craindre des transports qui lui arrachent la colère et le désespoir. L'Oberthal abject d'Edwin Crossley-Mercer, le Zacharie noir d'un James Platt aux graves caverneux, le Jonas de Valerio Contaldo et le Mathisen de Guilhem Worms sont parfaits en suppôts fanatisés, attestant que les rôles secondaires ne sont pas négligés. Berlioz louait les combinaisons de timbres dans l'orchestre de Meyerbeer. Dès le Prélude et le Chœur pastoral, Mark Elder, coloriste raffiné, en distille les beautés audacieuses. Nous admirons la conduite unitaire du discours, la puissance théâtrale des ensembles, si caractéristiques du grand opéra. Le rutilant Sacre au III, dénué sous sa baguette de tout pompiérisme, inspirera à Verdi l'Autodafé de Don Carlos. Ce Prophète, c'est Meyerbeer en majesté. Didier Van Moore
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