240715 - MUS QZD - BRAHMS - SONATES POUR VIOLONCELLE ET PIANO - CHRISTIAN POLTÉRA, RONALD BRAUTIGAM

 





240715 - MUS QZD - BRAHMS - SONATES POUR VIOLONCELLE ET PIANO - CHRISTIAN POLTÉRA, RONALD BRAUTIGAM







JOHANNES BRAHMS

1833-1897

« Les deux sonates pour violoncelle et piano »

Christian Poltéra (violoncelle), Ronald Brautigam (piano).

Bis.

BRAHMS – Sonate pour violoncelle et piano n°1

BRAHMS – Sonate pour violoncelle et piano n°1

SCHUMANN – Cinq pièces dans le ton populaire




TECHNIQUE : 4,5/5

Enregistré au Reitstadel de Neumarkt in der Oberpfaz (Allemagne) par Hans Kipfer en janvier 2023. Un pianoforte très bien défini, avec au premier plan de l'image un violoncelle à la résonnance un rien trop présente dans le grave. Leurs timbres, très chaleureux, s'épanouissent dans un rapport équilibré.





Trop d'interprètes confinent en un même sfumato vaguement automnal et crépusculaires ces chefs-d'œuvre chambristes de l'ère romantique. Rien de tel avec Christian Poltéra et Ronald Brautigam qui accusent avec souplesse mais fermeté tout ce qui les sépare. Écrites par Brahms à vingt ans d'intervalle, les deux sonates divergent en effet tant par le style, l'expression, que par la technique même du violoncelle : l'usage devenu généralisé de la pique favorise, dans la Sonate n°2 (1886) en fa majeur, une beaucoup plus grande liberté de main gauche et d'archet. Le jeu de Brautigam (sur la copie d'un Streicher de 1868) est volontiers classicisant, parfois distancié et quasi senza espressione mais rythmiquement précis. Exploitant admirablement les résonnances boisées de son Stradivarius « Mara » de 1711, Christian Poltéra enlève avec élan et autorité la Sonate n°1 (1862-1865) en mi mineur. Il assume avec un beau sens des contrastes la double nature de rêve printanier, encore pénétré de juvénile romantisme nordique, et d'évocation presque archaïsante dans la fugue du finale.

Davantage substenciels, les quatre mouvements de la Sonate n°2 sont ciselés dans le détail et vont ici peut-être plus loin dans l'intensité et l'exégèse. Le piano, qui soutient autant qu'il dialogue, propulse un violoncelle à la fois rude dans ses accents, finement nuancé et extrêmement diversifié dans ses phrasés et couleurs.

Entre ces deux fougueuses et inventives lectures sont intercalées Cinq pièces dans le ton populaire op. 102 (1849) de Schumann. Au-delà d'un humour un rien sarcastique (sur lesquels certains s'appesantissent inutilement), elles expriment une colère rentrée mais aussi les sympathies du compositeur envers les mouvements révolutionnaires de 1845. L'âpreté, l'engagement avec lesquels jouent Poltéra et Brautigam leur confèrent ainsi une portée inattendue.

Patrick Szernovicz




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