240714 - MUS QZD - SCHMELZER - LABYRINTH GARDEN, MUSIC AT THE COURT OF KROMERIZ - ENSEMBLE CASTELKORN, JOSEF ZAK

 





240714 - MUS QZD - SCHMELZER - LABYRINTH GARDEN, MUSIC AT THE COURT OF KROMERIZ - ENSEMBLE CASTELKORN, JOSEF ZAK







JOHANN HEINRICH SCHMELZER

CA 1623-1680

« Labyrinth Garden »

Josef Zak (violon et direction), Ensemble Castelkorn.

Flora.

SCHELZER – Œuvres pour violon et basse continue.

DÖBEL – Sonatae pro Fidibus

BIBER – Chacone pour violon et basse continue




TECHNIQUE : 3,5/5

Enregistré à l'église Notre-Dame de Granville par Mathilde Genas. Les instruments (violon, violone, clavecin ou orgue, théorbe ou guitare), très bien individualisés, sont tous positionnés sur le même plan. D'où une image dense et manquant d'air.





Les archives de Kromeriz (aujourd'hui en Tchéquie) sont le témoin précieux de l'activité musicale qui florissait à la cour du prince-archevêque Carl II de Lichtenstein-Castelkorn au mitan des années 1660. Les œuvres qu'elles recèlent, parfois signées de grands noms comme Schmelzer, ont donc attiré bon nombre d'interprètes. Certains, trop démonstratifs, tendent à rigidifier ce répertoire (Gumar Letsbor, Pan Classic, 2022) ou à l'assécher (Andrex Manze, HM, 1996). Josef Zak, sans rien retrancher aux ambitions virtuoses de ces pièces, en exalte plutôt les raffinements et les couleurs : souplesse, ampleur de la ligne, délicatesse du modelé plutôt que coups de menton et angles saillants. La musique y gagne une sensualité, une profondeur captivantes. Dès sa Chacone introductive, déployée avec une finesse, une pulsation admirables, la quatrième des Sonatae unarum fidium nous emporte plus loin encore dans l'émotion que la lecture pourtant superlative d'Hélène Schmitt (Alpha, 2007). Si l'espièglerie du Cucù est bien là, les interprètes parent aussi l'évocation du volatile d'une touchante poésie. De même, la Sonata représentiva attribuée à Biber conserve son caractère divertissant (Poule et coq cocasses, Chat ondoyant et matois, Mousquetaires matamoresques) mais distille une élégance dans le trait qui rappelle le public aristocratique auquel l'auteur s'adressait. Cela vaut également pour l'ample chaconne, elle aussi attribuée à Biber, restituée avec une noblesse, une agogique remarquables. L'archet de Zak rebondit, chante, cisèle les nuances en parfait meneur de jeu. Il est entouré par un continuo agile, attentif, qui possède lui aussi la sûreté technique nécessaire pour briller sans se montrer intrusif. Miser sur l'expressivité plutôt que la parade était une gageure : pari gagné haut la main.


Jean-Christophe Pucek




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