240709 - MUS DIA IND - 240709 - MUS DIA IND - BEETHOVEN - FIDELIO - SOLISTES, CHŒUR ET ORCHESTRE DE L'OPÉRA DE VIENNE, KARL BÖHM
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240709 - MUS DIA IND - 240709 - MUS DIA IND - BEETHOVEN - FIDELIO - SOLISTES, CHŒUR ET ORCHESTRE DE L'OPÉRA DE VIENNE, KARL BÖHM |
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Lumières et tourments Il faut dire que Böhm ne ménage personne, prouvant qu'il est un de ceux qui a le mieux résolu l'équation posée par Fidelio entre Singspiel et le grand opéra. Lumières et tourments, classicisme et romantisme. Ici, tout n'est que théâtre, énergie, âpreté, mais aussi aisance et générosité. Dès le duo luminaire, ça barde entre Jaquino et Marzelline. Le chant s'en ressent parfois, même s'agissant des très stylés Waldemar Kmentt et Irmgard Seefried, qu'importe : on y croit (et comment !) et on les suit. Comme on suit la Leonore de Martha Mödl, malgré ses sempiternelles idiosyncrasies vocales : souffle, intonation, couleur de ce soprano au dramatisme musclé semblent à chaque instant sur le point de se dérober. Mais quel don de soi, quels emportements, quelle foi chevillée au corps et à l'âme. Face à cette torche vive, le Floresta mozartien d'Anton Dermota est un prodige descendu des cieux. Qu'un Tamino, un Fernando parvienne à tenir son « Welch Dunkel hier » sans sacrifier sa ligne, sa musicalité ni sa souplesse légendaire, cela tient du miracle (et c'est sa prise de rôle !). Grâces soient aussi rendues au Rocco de Ludwig Weber, monument de bonté paternelle (son air du I est hélas coupé), au Pizzaro de Paul Schöffler, qui n'a pas son pareil pour éructer sa haine sur un édredon de legato. Seul le Fernando de Karl Kamann est légèrement en-dessous du niveau général. Mais cette réserve ne saurait empêcher la troupe entière d'entrer lors du final en une véritable transe, qui ne peut se comprendre que comme une sorte d'exutoire. À Vienne, c'est ce soir-là que la Seconde Guerre mondiale prend réellement fin. Emmanuel Dupuy
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