240626 - MUS QZD - SCHMIDT - SYMPHONIE N°4 & LIVRE DES SEPT SCEAUX - ORCHESTRES SYMPHONIQUES DE VIENNE ET DE MUNICH

 





240626 - MUS QZD - SCHMIDT - SYMPHONIE N°4 & LIVRE DES SEPT SCEAUX - ORCHESTRES SYMPHONIQUES DE VIENNE ET DE MUNICH







FRANZ SCHMIDT

1874-1939

« Le livre des sept sceaux & Sympho-nie n°4 »

Orchestre symphonique de Viene, Rudolf Moralt, Julius Patzak (ténor), Otto Wiener (basse), Hanny Steffek (soprano), Herthe Töpper (alto), Erich Majkut (ténor), Friedrick Guthrie (basse), Fanz Illenberger (orgue), Chœur de la Cathédrale de Graz, Orchestre philharmonique de Munich, Anton Lippe

Somm. (2CD)

TECHNIQUE : B

SCHMIDT – Symphonie n°4

SCHMIDT – Le Livre des sept sceaux




SCHMIDT AU CARRÉ


Deux parutions concomitantes fêtent, en 4 CD, les cent cinquante ans de Franz Schmidt. D'un côté, la réédition de gravures historiques, de l'autre la publication d'une archive radio.






Somm propose les deux chefs-d'œuvre ultimes de Franz Schmidt dans deux gravures historiques. Créée en 1934 par Oswald Kabasta, la Symphonie n°4 sonne comme un requiem instrumental à la mémoire de la fille du compositeur morte en couches. On doit son premier enregistrement commercial à Rudolf Moralt (1902-1985), pilier de l'Opéra de Vienne, qui dirige pour la circonstance les Wiener Symphoniker.

C'est leur lecture d'un lyrisme chaleureux et d'une émotion poignante qui nous est ici rendue dans un report par Ledmi Spahr bien supérieur à celui de Forgotten Records. Il faudra attendre Zubin Mehta et les Philharmoniker dans les années 1970 pour dépasser cette gravure et ouvrir la voie à une discographie désormais conséquente. Pour autant, cette première version reste aussi bouleversante qu'attachante.

Vision apocalyptique

Le Livre des sept sceaux, cet oratorio qui demeure l'œuvre la plus connue de Schmidt, fut créé par le fidèle Oswald Kabasta en 1938. L'enregistrement réalisé en stéréophonie par Amadeo en 1962, qui remplit l'essentiel du double CD, vaut d'abord pour l'étonnante prestation visionnaire voire hallucinée, de Julius Patzak. Ce ténor viennois au timbre singulier (rappelez-vous le fameux Chant de la terre avec Ferrier et Walter) avait étudié – comme Kabasta – avec Franz Schmidt, pensant au départ embrasser une carrière de compositeur et de chef.

Patzak donne chair, d'un bout à l'autre, à la parole de Saint-Jean, dont le livret cite l'Apocalypse. Le chanteur est magnifiquement entouré, en particulier par Otto Wiener, impressionnant en voix du Seigneur, et les chœurs de Graz dont Anton Lippe (1905-1974) était le chef. Celui-ci dirige assez sagement le Philharmonique de Munich. Même si la phalange s'est jadis familiarisé avec l'œuvre sous la baguette de Kabasta (renvoyé en 1945 pour s'être compromis avec le régime nazi), elle ne peut rivaliser avec les Wiener Philharmoniker dans le concert dirigé en 1959 par Dimitri Mitropoulos à Salzbourg (Orfeo) avec Anton Dermota en saint Jean. Mais l'incarnation saisissante de Patzak et l'extatique Alleluia choral justifient largement l'écoute.

Opéra historique

Après le succès de Notre Dame créé en 1914 et inspiré du roman de Victor Hugo, Schmidt entrepris la composition d'un deuxième opéra. Il jeta son dévolu sur un roman historique de Felix Dahn dont l'action se situe au VI° siècle. À l'acte I, le roi des francs Chilpéric épouse en secondes noces Galswintghe. Mais pendant le cortège nuptial, son regard croise celui d'une belle et rousse servante, Frédégonde. Devanant sa maîtresse, celle-ci poignarde la reine pour se faire couronner dans la foulée. La cour et l'archevêque Landéric, qui fut jadis un soupirant de la belle, crient au scandale.

Lorsque le fils de Frédégonde et Chilpéric rend son dernier souffle, Landéric accable la reine. Pour échapper à ses reproches, elle tente de l'empoisonner mais c'est Chilpéric qui boit la coupe et meurt à son tour. Frédégonde essaie en vain de ressusciter Chilpéric par la magie noire ; elle expire, rongée par le remords, sur le cercueil du roi.

Ce livret grand-guignolesque et l'inconsistance psychologique de l'héroïne eurent raison de l'ouvrage qui disparut après la création berlinoise en 1922 et le flop de la reprise à Vienne deux ans plus tard (avec Clemens Krauss dans la fosse). Seules les fanfares royales de l'Ouverture survécurent à travers des variations et fugue pour orgue. La partition, pourtant, a de quoi séduire : « votre musique est comme une coulée de lave qui emporte tout. Moi, l'en aurais fait quatre opéras », déclara Richard Strauss à son confrère.

Splendeur

C'est sa résurrection, confiée en 1979 à un autre élève du compositeur, que publie Orfeo. À la tête d'un solide Orchestre de la Radio de Vienne, le chef Ernst Märzendorfer (1921-2009) restitue à ces trois actes sa splendeur tant symphonique que lyrique. Une splendeur qui reste malgré tout en deçà du charme vénéneux et plus original qu'exhalent les opéras de Korngold.

L'écrasant rôle-titre est défendu avec une formidable intensité par la mezzo Dunja Vejzovic (la Kundry du Parsifal de Karajan) à laquelle répond le vaillant Werner Hollweg en archevêque de Rouen, rôle nettement plus développé que celui du roi Chilpéric (qui échoit ici au baryton Martin Egel). Tous les rôles secondaires sont impeccables, comme les chœurs de l'ORF. Au moins, aucune traduction française du livret ne viendra souligner aux non-germanophones et non-anglophones, l'invraisemblance du livret. À savourer comme une grande page de musique pure.

Jean-Claude Hulot









FRANZ SCHMIDT

1874-1939

« Fredigundis »

Dunja Vejzovic (Fredigundis), Martin Egel (Chilperich), Werner Hollweg (Landerich), Reid Bunger (Drakolen), Olga Sandu (Ruilla), Chœur de l'ORF, Orchestre symlphonique de la Radio de Voenne, Ernst Märzendorfer.

Orfeo (2CD)

TECHNIQUE : B

SCHMIDT – Fredigundis






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