240519- MUS QZD - MANUEL DE FALLA - LES TRÉTEAUX DE MAITRE PIERRE - PABLO HERAS-CASADO

 





240519- MUS QZD - MANUEL DE FALLA - LES TRÉTEAUX DE MAITRE PIERRE - PABLO HERAS-CASADO







MANUEL DE FALLA

1876-1946

« Manuel de Falla & Stavisky »

Airam Hernandez (Maître Pierre), José Antonio Lopez (Don Quichotte), Hector Lopez de Ayala Uribe (Le Truchement), Benjamin Alard (clavecin), Mahler Chamber Orchestra, Pablo Heras-Casado.

Harmonia Mundi (2CD).

TECHNIQUE : 4/5

DE FALLA – Les Tréteaux de maître Pierre

DE FALLA – Concerto pour clavecin

STRAVINSKY – Pulcinella (Suite)




Après un Tricorne et un Amour sorcier flamboyants (Diapason d'or, cf. n°683), et avec ces Tréteaux de maître Pierre et ce concerto pour clavecin, Pablo Hertas-Casado et le Mahler Chamber Orchestra s'orienteraient-ils vers une intégrale Falla ? On le souhaite. Voici en effet des Tréteaux pleins de verve narrative – écoutez Les Pyrénées. La couleur le dispute au rythme, dans le Supplice du Maure, par exemple, mais La Fuite ouvre la porte à la poésie. Privilégiant des sonorités acérées, le chef espagnol renoue avec l'inspiration populaire de l'œuvre, offrant un final coruscant. Le Truchement gamin des rues braillard du jeune Hector Lopez de Ayala Uribe, le maître Pierre drolatique de Airam Hernandez, le Don Quichotte impérieux ou attendri, jamais grotesque, de José Antonio Lopez n'oublient pas l'esprit du cante llano.

Pour le concerto, Heras-Casado adopte une posture « années 1920 ». En faisant ressortir les hardiesses harmoniques et instrumentales (notamment les frottements polytonaux de la partition, il évite l'écueil de l'annexion au néoclassicisme. Aucune sécheresse pour autant, aucune surenchère dans l'austérité archaïsante du mouvement lent, non dénué, parfois, d'un lyrisme rêveur. Intéresse aussi l'équilibre revisité entre les instruments, qui intègre à l'ensemble le clavecin raffiné, un rien timide, même, de Benjamin Alard : nous entendons ici un concert en sextuor. Le soliste joue le Pleyel « grand modèle » de Rafaël Puyana, semblable à celui de la création par Wanda Landowska – mais sans avoir toute l'audace et l'imagination de son aîné.

La présence, en complément, de la Suite de Pulcinella rappelle que Diaghliev avait d'abord pensé confier ce projet à Falla, qui refusa. Le chef dirige Stravinsky comme il dirige Falla, avec des sonorités anguleuses, se souvenant du ballet à travers une approche très chorégraphique. Pergolèse devient un prétexte aux insolences modernistes du Russe, à ses effets sonores épicés, à ses débranchements rythmiques – en témoignent une Serenata au second degré, une Tarentella bouffonne, une Toccata gouailleuse.

Didier Van Moore




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