240518- MUS QZD - THE BERLIN YEARS - BERLINER PHILHARMONIKER, SIMON RATTLE
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240518- MUS QZD - THE BERLIN YEARS - BERLINER PHILHARMONIKER, SIMON RATTLE
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SIMON RATTLE, BERLINER SYMPHONIKER « The Berlin Years » Warner (45 CD) écouté : MOZART – Symphonie n°39 MOZART – Symphonie n°40 MOZART – Symphonie n°41 |
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I AM A BERLINER
Tout ce que le chef britannique a enregistré entre 1994 et 2012 pour Emi/Warner avec l'Orchestre Philharmonique de Berlin se trouve réuni dans un coffret de 45 CD, avec des trésors à la pelle et quelques absolus de la discographie.
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Vendredi 6 septembre 2002, Simon Rattle inaugure son poste de directeur musical des Berliner Symphoniker avec la Symphonie n°5 de Mahler. Fixée les jours suivants par Emi, leur interprétation trône au sommet de la discographie comparée. La 6° du même compositeur était, en 1987, au programme de son premier concert berlinois comme chef invité. Et c'est par elle qu'il refermait son mandat, en 2018. L'aventure discographique avec Emi commence en 1994, par une Faust-Symphonie de Liszt tenue, sans aucune lourdeur, à laquelle manque tout de même un peu d'emportement. Des années qui précèdent l'arrivée de Rattle comme Chefdirigent, retenons ces Gurre-Lieder (2001, avec Mattila, von Otter, Moser, Langridge et Quasthoff) qui concilient « sensualité lyrique, expressionisme véhément et comique grinçant, monumentalité [...] et précision chambriste » (Vincent Agrech, cf. n° 496). La manière de Rattle est là : les détails, beaucoup de détails, mais intégrés à une architecture ; une tension qui s'impose sans forcer le trait, donnant une apparence de naturel qui a pu passer pour du détachement mais qui est en réalité un attachement profond à la partition. Écoutez comme ses poèmes symphoniques de Dvorak (2004) coulent de source ! Cette manière fait aussi merveille dans certaines partitions presque maniéristes, comme la Suite du Bourgeois Gentilhomme de Strauss, La Boîte à joujoux de Debussy. Restons au royaume de l'enfance : dans Casse-Noisette, on admire la puissance narrative, les dynamiques, l'agogique, cette impression de passer d'une certaine intimité chambriste (moins flattée par les micros) au grand orchestre en un tournemain, et ces valses savamment différenciées.
Allier les contraires. Les Tableaux d'une exposition de Moussorgski selon Ravel, la 2° de Mahler dont le premier mouvement manque d'élan, les opéras à cause de leur distributions inégales sont ici les seuls maillons faibles. Mais pour le reste, que de merveilles ! Comme cette intégrale des symphonies de Brahms forte d'une séduisante liberté de ton, ces concertos de Nielsen (avec Emmanuel Pahud et Sabine Meyer) aussi tendus que lyriques, ces Illuminations de Britten (avec Ian Bostridge) parmi les plus fascinantes de la discographie ... Nous chérissons des Planètes de Holst (2006) sans aucune lourdeur ni grandiloquence, où la puissance des Berliner s'allie à une fabuleuse précision de touche. Une quête de perfection habite des Carmina Burana (2004, avec, entre autres, Brownlee et Gerhaber) sophistiqués, « profondément imprégnés par une sensualité joueuse, légère, épicurienne » (Rémy Louis, cf. n° 523), et les Cloches de Rachmaninov retrouvent de puissants élans fantastiques (l'œuvre prend racine chez Edgar Allan Poe) ! Foisonnement, travail virtuose du détail, richesse des timbres et transparence de l'architecture et geste narratif tout en souplesse nous valent des Stravinsky (Sacre, Symphonies d'instrument à vent, Apollon musagète) de haute volée. Sans oublier cette Symphonie de chambre n°1 dont le lyrisme et la vivacité rendent si abordable la musique de Schönberg ! C'est justement du premier Schönberg que sir Simon rapproche le finale de la 9° de Bruckner « rebâti » par Samale, Mazzuca, Philips et Cohrs, tirant toute la symphonie vers une sorte d' « objectivité » tempérée par la splendeur des Berliner, et alliant ainsi magistralement les contraires. Thésaurisons donc cet enregistrement réalisé en 2012, année où prend fin la période Emi – les Berliner fondent ensuite leur label maison. Loïc Chahine
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