240517 - MUS QZD - SAINT-SAËNS - DÉJANIRE – SOLISTES – CHŒUR DE L'OPÉRA ET ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE MONTE-CARLO - KAZUKI YAMADA
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240517 - MUS QZD - SAINT-SAËNS - DÉJANIRE – SOLISTES – CHŒUR DE L'OPÉRA ET ORCHESTRE PHILHARMONIQUE DE MONTE-CARLO - KAZUKI YAMADA
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CAMILLE SAINT-SAËNS 1835-19821 « Déjanire » Kate Aldrich (Déjanire), Julian Dran (Hercule), Anaïs Constant (Iole), Jérôme Boutillier (Philoctète), Anna Dowsley (Phénice), Chœur de l'Opéra et Orchestre philharmonique de Monte-Carlo, Kazuki Yamada. Bru Zane (2 CD). SAINT-SAËNS - Déjanire
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TECHNIQUE : 4,5/5 Enregistré en octobre 2022 à l'Auditorium Rainier III de Monaco par Alice Ragon et Jiri Heger. L'équilibre entre voix, chœur et l'orchestre témoigne d'une belle maîtrise de mixage. Une image profonde, riche en relief, aux contours bien nets.
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Ultime ouvrage lyrique de Saint-Saëns, Déjanire (1910) emprunte un quart de sa musique à celle destinée en 1898 à accompagner la déclamation d'une tragédie de Louis Gallet, à partir de laquelle le compositeur a établi son livret. Déjanire, délaissée par Hercule au profit de l'esclave Iole, accourt pour se venger, mais découvre que la belle en aime un autre, Philoctète. Que faire ? Les deux femmes, aidées par la servante et magicienne Phénice, se liguent contre le héros volage : l'épouse bafouée confie à Iole un vêtement de noces pour Hercule. Paré de cette étoffe empoisonnée, l'époux est en proie à de telles souffrances qu'il se jette dans un bûcher. Pour cette scène finale comme pour le prélude de l'acte I, Saint-Saëns cite plusieurs thèmes de son poème symphonique La Jeunesse d'Hercule (1877). Non par manque d'inspiration ! En témoigne la verve théâtrale des duos de Déjanire avec Phénice (conclusion du I) et Iole (début de III) ou encore l'épithalame d'Hercule au IV, « Viens, ô toi dont le clair visage » soutenu par les harpes. Le vieux maître colore de castagnettes la procession du IV, n'emploie que les vents pour accompagner la prière « Ô toi qui fait trembler la terre » (au III) dont cordes et percussions assureront la ponctuation. Un céleste étonnamment straussien souligne le pourvoir magique de la robe empoisonnée (« J'ai changé ce tissu » au III) et les dissonances s'empilent au IV pour traduire son effet sur le héros. Sortir de l'oubli cet imposant ouvrage nécessite des interprètes suffisamment solides pour les rôles écrasants de Déjanire et Hercule, défendus à la création par Félia Litvinne et Lucien Muratore. Défi relevé ici haut la main. Kate Aldrich a la flamme et le velours qu'appelle son personnage de tigresse blessée. On oublie le flou de tel ou tel mot devant la puissance du caractère, rendue avec une intensité et une variété saisissantes (« Triomphant de multiples épreuves » au III). L'Hercule de Julien Dran impressionne par l'ardeur cuivrée du timbre mais aussi le souple éclat de l'épithalame – un joyau de la partition. Alternant supplications, confidences, élans héroïques, Iole bénéficie du soprano épanoui et riche d'AnaÏs Constans. Le Philoctète gaillard et juvénile de Jérôme Boutillier, la Phénice très soignée d'Anna Dowley méritent eux aussi des lauriers, comme le Chœur de l'Opéra de Monte-Carlo, souvent chargé de commenter l'action à la manière de son avatar antique, et dont on ne perd pas un mot. Si, au concert, les voix se fondaient dans un orchestre généreux en couleurs, enflammé et fermement tenu par Kazuki Yamada, les micros préservent ici un équilibre proche de l'idéal. François Laurent
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