240514 - MUS QZD - BEETHOVEN - SYMPHONIE N°3 « HÉROÏQUE » & OUVERTURE CORIOLAN - BUDAPEST FESTIVAL ORCHESTRA, IVAN FISCHER

 





240514 - MUS QZD - BEETHOVEN - SYMPHONIE N°3 « HÉROÏQUE » & OUVERTURE CORIOLAN - BUDAPEST FESTIVAL ORCHESTRA, IVAN FISCHER







LUDWIG VAN BEETHOVEN

1770-1827

« Symphonie n°3 "Héroïque" »

Orchestre du Festival de Budapest, Ivan Fischer.

Channel Classics.

BEETHOVEN – Symphonie n°3 « Héroïque »

BEETHOVEN – Coriolan (Ouverture).




TECHNIQUE : 4/5

Enregistré par Jared Sacks à la synagogue de la rue Rumbach, Budapest. Un orchestre aux textures homogènes, riche en graves et médiums. Imposante, lé réverbération n'empiète jamais sur la précision de l'image sonore.





Vous aimez les Beethoven d'Alfred Brendel ? Cette « Héroïque » est pour vous ! L'extrême érudition d'Ivan Fischer l'a parfois entraîné sur la pente de pédantisme. Un écueil qu'il évite dans cette lecture foisonnante. Dès les premières mesures de m'Allegro con brio, on admire sans réserve l'alliance de fermeté rythmique et de flexibilité, le relief donné aux incises (aux hémioles !), ces bois rivalisant d'effervescence, le tout dans une plasticité qui ménage constamment l'élan unitaire. La sûreté, la finesse avec lesquelles le chef répartit les énergies et articule sur différents plans l'éloquence Du discours ont quelque chose d'électrisant. Pour autant, n'espérez pas y retrouver la fougue dévastatrice de Paul Van Kempen (1951, Philips), aux antipodes de la philologie subtile cultivée par le chef hongrois. De même, Fischer n'atteint ni ne vise dans la Marche funèbre la granitique majesté d'Otto Klemperer (1959, Emi). Par l'acuité volontiers lapidaire de son dessin, il évoque davantage Lovro von Matacic (1959, Supraphon). La fugue, notamment, s'élève puis se déploie avec une noblesse qui préserve son caractère farouche. De surcroît, Fischer nous y tient en haleine jusqu'au bout, là où des cohortes de chefs laissent la tension peu à peu s'effilocher.

Par sa pulsation alliant à un degré rare aplomb et élasticité, ouverture et compacité, le Scherzo est un modèle du genre. Les cors diffusent dans son Trio un parfum de plein air, pas militaire pour deux sous, qui s'inscrit parfaitement dans le cadre expressif d'ensemble.

Arrive le quatrième mouvement : Ivan Fischer refuse de le traiter avec cette urgence grandiose et incendiaire qui paie rubis sur l'ongle. Simon Rattle l'aborde d'ailleurs dans un comparable profil bas. C'est un parti pris (le chef rabote aussi quelque peu l'haletante agogique de l'Ouverture Coriolan) mais il est assumé par une cohérence imparable. Le meilleur exemple en est la variation « hongroise » qui aura rarement vu son pittoresque magyar aussi peu sollicité.

Nous tenons là un authentique jalon de la discographie de l'œuvre, la plus riche de sens depuis ceux enregistrés par Carlo Maria Giulini (1979, DG) et Frans Brüggen (1987, Philips/Decca). Un sacré bail.

Hugues Mousseau




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