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240509 - SAARIAHO - CHÂTEAUX DE L'ÂME & 3 AUTRES ŒUVRES - DIVERS INTERPRÈTES
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KAIJA SAARIAHO 1952-2023 « Châteaux de l'âme » Olivier Latry (orgue), Faustine de Monès, Davine Tines, Anssi Karttunen, Orchestre national de France, Olari Elts, Orchestre philharmonique de Radio France, Ernest Martinez-Izquierdon, Hannu Lintu. Radio France. SAARIAHO – Maan varjot SAARIAHO – Châteaux de l'âme SAARIAHO – True Fire SAARIAHO - Offrande
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TECHNIQUE : 4,5/5 Enregistrements réalisés sur le vif par Radio France les 13 (Offrande), 16 (True Fire) et 18 février 2007 (Man varjot) lors du festival Présences, et le 24 juin 2022 (Châteaux de l'âme) lors du festival ManiFeste. Une mise en espace aux plans nettement découpés avec des contours précis. Bel équilibre également entre solistes et orchestres.
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L'ÉVÉNEMENT
Châteaux de l'âme
Radio France rend hommage à Kaija Saariaho en publiant quatre de ses œuvres, données dans la maison ronde lors des festivals Présences 2017 et ManiFeste 2022 par des interprètes triés sur le volet.
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Retrouver l'imaginaire si foisonnant et divers de Kaija Saariaho est chaque fois un éblouissement. En témoignent quatre partition majeures, minutieusement travaillées avec la compositrice. Créé par le même Olivier Latry à Montréal en 2014, sous la baguette de Kent Nagano (concert publié par Analekta, cf. n°644), Maan varjot est un hommage à Henry Dutilleux. Ce tryptique pour orgue et orchestre se réfère à Shelley : « L'unique reste, le multiple change et passe / La lumière du jour luit pour toujours, les ombres de la terre volent. » Mystère et intensité gouvernent le premier volet (Shadows fly) en grondements, accords, « accumulés », ostinatos nerveux scandés de timbales. Dome combine des intervalles de demi-ton et de quinte en une mélodie insistante, tournoyante, changeante, parfaitement rendue par Latry et le Philharmonique de Radio France. Les rythmes agités du finale (Flowers, ruins, statues) zèbrent l'orchestre jusqu'à une conclusion apaisée, où l'orgue s'irise en longues tenues pianissimo. C'est aux traditions hindoue et égyptienne que puise Châteaux de l'âme (1995) pour soprano et orchestre, qui anticipe, par son traitement de la voix, l'opéra L'Amour de loin (2000). Couleurs, lumière Aux lentes et inquiétantes Liane I et À la terre succèdent des plages plus vives, confinant à l'urgence (Liane II, l'incantatoire Pour repousser l'esprit), avant de s'achever en Formules litaniques. Très différente de clele gravée par la créatrice Dawn Upshaw (Sony), l'interprétation claire et naturelle de Faustine de Monès confère une nouvelle personnalité au texte. La soprano équilibre au mieux ses interventions avec celles du chœur et d'un orchestre jouant les superpositions de matières et couleurs. Autre cycle, pour baryton cette fois, True Fire (2014) est idéalement servi par la voix souple et la magnifique espressivité de Davone Tines. C'est a postériori que la compositrice déposa ces six mélodies des poèmes signés Seanus Haney, Mahmoud Darwich, des textes indiens traditionnels et des fragments des Spirituals Laws de Ralph Waldo Emerson. Les atmophères divergent : les Propositions I à III contemplatives et lumineuses enchâssent une River mélismatique, une Lullaby dont le flot continue alterne avec une section plus animée et un Farewell noir et pesant, au chant volontairement brisé. Offrande (2014) rejoue finalement la partition de Dome : la transparence y règne dans une amboance méditative, le motof combinatoire de l'œuvre s'y enrichit de micro-intervalles du violoncelle. La lecture qu'en donnaient en 2017 Olivier latry et Anssi Karttujnen s'ajoute à ce bouquet d'intgerprétations justes et bouleversantes.
Anne Ibos-Augé
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