240419 - MUS QZD - MONDONVILLE - LE CARNAVAL DU PARNASSE - SOLISTES, LES AMBASSADEURS-LA GRANDE ÉCURIE, ALEXIS KOSSENKO
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240419 - MUS QZD - MONDONVILLE - LE CARNAVAL DU PARNASSE - SOLISTES, LES AMBASSADEURS-LA GRANDE ÉCURIE, ALEXIS KOSSENKO
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JEAN-JOSEPH CASSANÉA DE MONDONVILLE 1711-1772 « Le Carnaval du Parnasse» Gwendoline Blondeel (Florine, Thalie), Hélène Guilmette (Licoris), Mathias Vidal (un berger, Apollon), David Witczak (Momus), Les Ambassadeur-La Grande Écurie, Alexis Kossenko. CVS (2CD) MONDONVILLE- Le Carnaval de Parnasse
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TECHNIQUE : 4,5/5 Enregistré en mars 2023 par Jiri Heger à Namur. Une prise de son analytique capturant chaque détail, avec un orchestre bien défini en arrière-plan, un chœur à la fois compact st d'une grande présence, et des voix solistes aux contours précis. Image bien construite et équilibrée, avec une réverbération qui n'altère jamais sa clarté.
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L'événement
Les dieux s'amusent
Alexis Kossenko, une distribution sans faille et un orchestre aussi vivant que coloré exhument un opéra pétillant qui, à sa création, fit de l'ombre à Rameau.
Après avoir exhumé Zoroastre de Rameau dans sa version 1749 (Alpha, Diapason d'or, cf. n°717), Alexis Kossenko défend, toujours avec le soutien du Centre de musique baroque de Versailles, et toujours avec le même engagement, l'œuvre qui, en son temps, lui vola la vedette. Signé Louis Fuzelier, le livret de ce Carnaval du Parnasse est un marivaudage dans lequel sont impliqués Momus, dieu de la raillerie, Thalie, muse de la comédie, et Apollon, tandis que le prologue prélude à la Querelle des Bouffons en confrontant musiques française et italienne. Tout est prétexte à des bons mots qui amuseront surtout ceux qui connaissent (très) bien leur mythologie et se sont imprégnés de l'esprit XVIII° siècle. La musique, elle, plaira à tout le monde. La partition de ce « ballet » ne comporte pas de parties d'altos. Sont-elles perdues, comme c'est souvent le cas ? Pas sûr, car qui voudrait en ajouter se trouverait la plupart du temps empêché par une harmonie déjà très complète. Mondonville divise souvent le pupitre de violons en deux, comme dans l'écriture à l'italienne. Il en distinguent les vents, dissociant même à plusieurs moments flûtes et hautbois en leur faisant jouer des parties distinctes – chose encore rare dans la musique française de cette époque. Il va même plus loin en séparant à l'occasion la section des basses : bassons, violoncelles et contrebasse se voient confier des voix différentes dans l'air de Momus « Que cet aveu fatal ». Feu partout À la science profonde d'un Rameau, à la sophistication de son écriture, Mondonville répond par une virtuosité – en particulier chez les cordes – ébouriffante. Tout cela est observé, digéré et restitué avec maestria par Kossenko et Les Ambassadeurs-La Grande Écurie. Quel orchestre ! Alerte et généreux, coloré, il ne laisse aucune page sombrer dans l'indifférence sans pour autant surjouer. Et dans cet équilibre, ça vit, ça pétille ! Le plateau fait un sans faute, tout comme le Chœur de chambre de Namur, très sollicité – saluons ses interventions galvanisées à l'acte III. Timbre clair et brillant, tempérament piquant, vocalisation aisée, Gwendoline Blondeel est le charme même. Dans une nuée de petits rôles, Hasnaa Bennani déploie une ligne impeccable et drapée dans une superbe moire vocale. Hélène Gilmette équilibre à merveille musicalité, sens du mot et théâtre. Mathias Vidal possède un éventail de nuances impressionnant et s'offre un morceau d'anthologie à l'acte II, avec ses louanges à différents dieux et déesses. Quand à Davis Witczak, il a la gouaille et la verve de Momus sans une once de vulgarité, et manifeste à chaque instant une réjouissante compréhension des enjeux du texte. Ce qui achève de remporter l'enthousiasme, c'est le rythme, la science des enchaînements (millimétrés), l'énergie véritablement communicative que déploie toute l'équipe. Au III, une Vieille chante un très joli air : « Mortels, que le plaisir dispose de vos ans/Que malgré la raison, il triomphe sans cesse ! » Raison et plaisir triomphent ensemble ici. Loïc Chahine
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