240418 - MUS QZD - ARTUR RODZINSKI - THE CLEVELAND ORCHESTRA, THE COMPLETE COLUMBIA ALBUM
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240418 - MUS QZD - ARTUR RODZINSKI - THE CLEVELAND ORCHESTRA, THE COMPLETE COLUMBIA ALBUM
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ARTUR RODEZINSKI CHEF D'ARCHESTRE 1678-1741 « The Cleveland Orchestra, The Complete Columbia Album » Louis Krasner, Nathan Milstein (violon), Boris Goldovsky (piano), Cleveland Orchestra. Sony (13CD). TECHNIQUE : A TCHAÏKOVSKI – Symphonie n°5
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On a évoqué le flamboyant Artur Rodzinski, chef polonais aussi croyant que caractériel, génial bâtisseur d'orchestre, lorsque Sony réédita ses cires new-yorkaises (Diapason d'Or, cf n°706). Celles gravées à Cleveland, où il fut Music Director de 1933 à 1943, les précèdent. Son style très direct et immédiat illumine ces sessions (1939-1942) aux choix audacieux : 1° et 5° de Chostakovitch, 5° et Finlandia de Sibelius, Prélude de Järnefelt, Variations sur Under the Spreading Chesnut Tree de Weinberger, Concerto « À la mémoire d'un ange » de Berg, et un pot-pourri tiré du Show Boat de Kern, best-seller en 78 tours. Rodzinski avait modelé à sa main une phalange très bien réglée, bandée comme un arc, d'une agilité et énergie fabuleuses ; l'articulation implacable, conjuguée à la rapidité générale des tempos, donnent un relief saisissant aux couleurs et aux détails (ces trompettes !). La Symphonie n°1 de Beethoven défie Toscanini sur son terrain, en même temps qu'elle fait pâlir nos actuels hérauts « historiquement informés » - non au regard des moyens, mais du résultat obtenu. Quel caractère aussi dans son formidable Till L'Espiègle ! Il n'est pas ici un Tchaïkovski (Roméo et Juliette, 1812, Marche slave, Symphonie n°5) qui ne nous emporte, en particulier dans les sections rapides. Ce qui n'exclut ni le lyrisme ni la profondeur du son (Shéhérazade, Notturno du Songe, Une vie de héros de Strauss avec Joseph Fuchs au violon solo). Le romantisme alerte de Rodzinski ne tolère aucune inertie, aucune onde de gras – tout est clair, tracé. La 5° et le Finlandia de Sibelius anticipent sur ceux de Salonen : leur imagination du son ne se confond pas, mais ils partagent l'art concentré de l'épure. S'il délivre une Fantastique de Berlioz comme aucun chef allemand ne le fera jamais (ses bois, ici, évoquent ceux des orchestres français d'alors, vibrato en moins), Ravel autant que Debussy (La Mer) montrent sa finesse, sa sensibilité (Suite n°2 de Daphnis et Chloé), son art des progressions dynamiques, sa justesse de son (Rhapsodie espagnole). Différenciées avec soin, les deux Chostakovitch sont des trésors. Le cadre est strict, mais la gestion des tempos superlative, la narration sans grandiloquence d'une autorité et d'une tension irrésistibles – comparer avec la toute première 5° de Mravinski à Léningrad (1938) est fascinant. Autre merveille : le Concerto en mi mineur de Mendelssohn inédit, porté par un dialogue virtuose (le finale !) avec un Nathan Milstein d'une aisance princière, trois ans avant sa gravure avec Bruno Walter. La lecture envoûtante du Concerto « À la mémoire d'un ange » de Berg demeure essentielle : le créateur Louis Krasner a laissé un témoignage capital sur la façon dont il avait analysé l'œuvre avec Webern, mesure par mesure, et Rodzinski y est d'un naturel saisissant (il existe d'autres versions par Krasner, dirigées par Webern, Fritz Busch, mais en concert). Nombre de ces cires avaient jadis reparu en CD chez Lys. Mais, ici au complet, elles n'ont jamais mieux sonné – Rodzinski lui-même ne les aurait pas entendues ainsi. Fabuleux ensemble. Rémy Louis
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