240417 - MUS QZD - HERBERT VON KARAJAN - THE EARLY LUCERNE YEARS, 1952-1957
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240417 - MUS QZD - HERBERT VON KARAJAN - THE EARLY LUCERNE YEARS, 1952-1957
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HERBERT VON KARAJAN CHEF D'ORCHESTRE 1908-1989 « The Early Lucerne Years, 1952-1957 » Clara Haskil, Geza Anda, Robert Casadesus (piano), Nathan Milstein (violon), Orchestre du Festival, Philharmonia Orchestra. Audite (3 CD). BACH – Double Concerto BWV 1061. MOZART – Concerto pour piano n°24; BRAHMS – Concerto pour violon. BRAHMS – Symphonie n°4. BEETHOVEN – Symphonie n°6 « Pastorale » BEETHOVEN – Symphonie n°8 HONEGGER - Symphonie n°3 « Liturgique ».
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Un style nouveau
Sept interprétations, issues de quatre concerts donnés à Lucerne par Herbert von Karajan, entre 1952 et 1957, apportent un éclairage passionnant sur la mue de l'illustre chef autrichien.
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Sur près de six décennies d'activité, le style de direction de Herbert von Karajan n'a cessé d'évoluer, sans que ses principales caractéristiques ne se soient métamorphosées en un jour. C'est un pari audacieux que fit le producteur de disques Walter Legge en confiant en 1948, à ce chef autrichien – en vue sous le Troisième Reich et qui vient tout juste d'être « dénazifié » - le poste de chef permanent du Philarmonia Ochestra, fondé trois ans plus tôt pour alimenter les enregistrements en studio de His Master'Voice. Un poste qu'il quittera en 1955 pour prendre les rênes du Berliner Philharmoniker. Le jeune chef, fougueux, toscaninien, parfois exagérément emporté des années 1930 va se transformer, la quarantaine venant, en un maître précis et rigoureux. Champion de la clarté structurelle, de la ligne intérieure, ce virtuose de la baguette à la fois énergique et souple, cultive les timbres jusqu'à l'extrême, sans verser encore dans l'excès de legato ou dans l'art du fondu-enchaîné qu'on a pu lui reprocher par la suite. C'est cette mue progressive, la naissance de ce nouveau style qu'illustrent les témoignages captés sur le vif et pour la plupart inédits que le label Audite a dénichés dans les archives du Festival de Lucerne. Les rencontres avec de grands solistes que trois de ces sept documents nous offrent sont toutes palpitantes de fluidité. Karajan apporte un soutien discret et chaleureux à la pureté de la diction et à la large respiration du duo formé en 1955 par Clara Haskil et Geza Anda dans le Double Concerfto BWV 1060 de Bach. En 1952, avec Robert Casadeus, limpide et altier dans un Concerto n°24 de Mozart souvent sombre et amère, c'est l'osmose, intense, habitée. Impérial mais nullement marmoréen, le violoniste Nathan Milstein déploie en 1957 dans le Concerto en ré de Brahms une ligne flamboyante, tandis que le chef cisèle des phrasés plus homogènes qu'impulsifs, tout en alliant intimisme du discours et élans traversés du grand souffle. Tension et lumière L'Orchestre du Festival, cependant, ne peut rivaliser avec le niveau du Philharmonia. Le chef transcende les quelques infimes carences de la formation helvète (dans les trois concertos et dans une Symphonie n°8 de Beethoven à la puissance rythmique quasi stravinskienne), et magnifie les couleurs dionysiaques et fruitées de la phalange londonienne (dans une « Pastorale » idéalement lumineuse et chambriste et une Symphonie n°4 de Brahms époustouflante d'énergie, de tension dramatique). Mais le plus précieux de ce coffret reste sans doute la Symphonie « liturgique » de Honegger captée le 10 août 1955. Même s'il dirige l'Orchestre du Festival, Karajan n'est pas loin d'y surpasser son enregistrement à la tête des Berliner; Chef lyrique autant que symphonique, il restitue ici à l'œuvre une dramaturgie implacable à laquelle personne ne peut littéralement échapper. Saisissante, cette vision traduit avec transparence et force la partition dans toute sa vérité et son individualité expressive.
Patrick Szernowicz
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