240410 - MUS QZD- WILLIAM YOUN - ŒUVRES DE BOULANGER, FAURÉ, HAHN - RUNDFUNK SYMPHONIEORCHESTER BERLIN, VALENTIN URYUPIN
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240410 - MUS QZD- WILLIAM YOUN - ŒUVRES DE BOULANGER, FAURÉ, HAHN - RUNDFUNK SYMPHONIEORCHESTER BERLIN, VALENTIN URYUPIN
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WILLIAM YOUN Piano « Œuvre de Fauré, Hanhn et N. Boulanger » Rundfunk Simphonie-orchester Berlin, Valentin Uryupin. Sony (2CD). HAHN – Concerto pour piano HAHN – A Chloris HAHN – L'Heure exquise FAURÉ – Balde op. 19 FAURÉ – Fantaisie, op. 111 FAURÉ – Après un rêve N. BOULANGER – Fantaisie variée
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TECHNIQUE : 3,5/5 Enregistré en janvier 2023 à la Maison de la Radio de Berlin par Andreas Stoffels et en octobre 2023 à Schloss Elmau. Des teintes douces et feutrées avec une appréciable clarté des plans. La captation en grande proximité du piano produit un léger manque de recul et d'espace. Belle définition des timbres.
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William Youn a donc tenu les belles promesses de son récital-hommage à la ville de Vienne, paru chez Sony en 2018. C'est Paris, cette fois, qu'il célèbre à travers un magnifique tableau de la Belle Époque, quasi proustien par sa légèreté teintée de mélancolie, mais aussi par les liens qui unissaient les musiques de Fauré et de Hahn à la sensibilité de l'écrivain. Le début du Concerto pour piano de Reynaldo Hahn, créé en 1931 mais où palpite le souvenir de ses jeunes années, rappelle la Balade op. 19, dédiée en 1879 par Fauré à son maître Saint-Saëns. Le rapprochement frappa d'ailleurs ses premiers auditeurs, dont Stan Golestan qui entrevoyait dans « l'amalgame de la sonorité du piano avec le quatuor en sourdine, une douceur expressive, paisible et délicieusement fauréenne. » Cette parenté d'atmosphère est l'évidence même sous les doigts de Youn, dont séduisent la sonorité chaude et liquide, les phrasés élégants, ciselés (les délicatesses de la Rêverie), élancé voire espiègles (les pirouettes en forme de pied de nez dans la Danse centrale comme dans la Toccata finale). Surtout que l'Orchestre de la Radio de Berlin, scintillant ef vif, est partout aux petits soins. Éclipsant la lecture moins souple et un rien traînante que proposaient récemment Shani Diluka (avec Hervé Niquet, Warner), Youn l'emporte également en brillant et sensualité sur Stephen Colombs (avec Jean-Yves Ossonce, Hyperion). Et n'oublions pas le témoignage laissé en 1937 par les créateurs – la pétillante Magda Tagliaferro au clavier et le compositeur à la baguette – même s'il s'agit d'une version « abrégée » pour la circonstance. Le double album jette un autre pont entre les deux compositeurs. Par son humeur primesautière, à la fois énergique et nonchalante, la Fantaisie op. III (1918) de Fauré évoque irrésistiblement Hahn, a fortiori dans cette lecture au tempo un rien plus serré qu'à l'ordinaire. Moins flegmatique que celui d'Alicia de Larrocha (Decca) mais plus sensible que celui de Jean-Philippe Collard (Erato, trop enchâssé dans l'orchestre), le piano de Youn y fait brillamment ressortir les ambiguïtés de l'épisode final. Son dialogue équilibré avec les Berlinois donne un côté déchirant aux noires pensées qui s'agitent à mi-parcours (ostinatos de cordes) et, chaque fois balayées comme on essuie ses larmes, ressurgissent. Alors qu'il était logique d'inscrire simplement cet Opus 111 dans le sillage de la Fantaisie de Debussy, le soliste lui en a préféré une autre, plus rare : la Fantaisie (1912) sombre et passionnée de Nadia Boulanger – élève de Fauré. Là encore, Youn s'impose face aux deux seules versions concurrentes signées David Greilsamer (Naïve) et Florian Ühlig (SWR), par un jeu plus nuancé et, ce qui ne gâte rien, un orchestre remarquable de tenue et de couleurs. Trois transcriptions de sa main, d'après des mélodies de Hahn (superbe A Chloris) et Fauré prolongent le parcours. François Laurent
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