240409 - MUS QZD - MENDELSSOHN - SONATES POUR VIOLONCELLE ET PIANO 6 SOL GABETTA, BERTRAND CHAMAYOU

 





240409 - MUS QZD - MENDELSSOHN - SONATES POUR VIOLONCELLE ET PIANO 6 SOL GABETTA, BERTRAND CHAMAYOU







FELIX MENDELSSOHN

1809-1847

« Les deux sonates pour violoncelle et piano »

Sol Gabetta (violoncelle), Bertrand Chamayou (pianos).

Sony (2 CD)

MENDELSOHN – Sonate pour violoncelle et piano, op. 45

MENDELSOHN – Sonate pour violoncelle et piano, op. 58

MENDELSOHN – Variations concertantes, op. 17

MENDELSOHN – Romance sans paroles, op. 109

WIDMANN – Lied ohne Worte.

HOLLIGER – Songs without words

COL – Dialog ohne Worte

RIHM – Lied ohne Worte

RIHM – Verschwundenen Worte




TECHNIQUE : 3/5

Enregistré à la Philharmonie de Paris en octobre 2022 et juin 2023 par Joël Cormier. Une image compacte, superposant en sin centre les deux instruments. La captation en grande proximité ne nous laisse rien perdre des détails du jeu mais flatte un peu trop les médiums, accentuant l'impression d'une densité excessive. Beaux timbres.





La musique de Chopin en 2015, puis celle de Schumann, en 2018 (Diapason d'or), avaient déjà réunis au disque Sol Gabetta et Bertrand Chamayou. Leurs retrouvailles ont lieu cette fois chez Mendelssohn. Un terrain, pourrait-on croire, moins fécond en sentiments exacerbés et en sautes d'humeur. Il est au contraire idéal, tant cette écriture semble refléter le jeu de chacun.

D'un côté, un violoncelle fier et incisif, qui déploie pour l'occasion les couleur d'une Stradivarius de 1717 (le « Bonamy Dobbrée-Suggia ») monté avec des cordes en boyau filées. De l'autre, un piano tout en délicatesse ailée très tôt admiré dans ce répertoire (Naïve, 2006), que flatte ici un instrument sorti vers 1859 de l'atelier leipzigois de Julius Blüthner. C'est dire si rien n'a été négligé ! Flatteur, le jeu des miroirs que proposent les variations de l'Opus 17 (1829) pourrait se révéler dangereux. Mais la vocalité ne le cède jamais à la virtualité dans cette page brillante dont l'énergie ne retombe pas, jusque dans un coda qui s'éteint pianissimo.

La Sonate n°1 (1838) voit sa facture classique animée par un joyeux lyrisme : noté Allegro assai, le finale phrase large et regarde davantage vers Beethoven que Mozart. La réussite est encore plus flagrante dans l'Opus 52 (1842), partition fétiche de notre duo qui préfère respecter ses équilibres formels plutôt qu'en exalter la spontanéité. Le mezzo de Gabetta apporte une ampleur théâtrale au scherzo, tandis que Chamayou fait jaillir de son clavier tout un orchestre : celui du Songe d'une nuit d'été auquel travaillait le compositeur. Traversé d'un pied léger, le Molto allegro vivace conclusif bénéficie du mariage des timbres de leurs splendides instruments, que nous savourons presque à l'égal des riches harmoniques offerts par l'Erard d'Alasdair Beatson à Johannes Moser (Pentatone).

La Romance sans parole op. 109 (1845), « à chanter avec les doigts », selon le joli mot de Fanny Mendelssohn, inspire cinq pièces inédites commandées par la violoncelliste. Elle a choisi, pour les défendre, un Goffriller de 1730 tandis que son partenaire touche un Steinway moderne. Entre un hommage néo rendu par Jörg Widmann et un souvenir de berceuse par Wolfgang Rihm, ce sont quatre brefs dialogues abstraits aux confins du silence qui prolongeront, pour les plus curieux, leur parcours mendelssohnien.

Marc Lesage




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