240404 - MUS QZD - MASCARDI - IO TI VORRIA CONTAR ... - F. ZIGANTE, C. DEMMER (LUTHS
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240404 - MUS QZD - MASCARDI - IO TI VORRIA CONTAR ... - F. ZIGANTE, C. DEMMER (LUTHS)
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TERZI – Volata quarta alla francese MASCHERA – Canzone prima GALILEI – Ciparissa, gagliarda LASSUS – Veni in hortum meum, LV 114 GALILEI – Gagliarda ANONYME – Susanneken LASSUS – Susanne un jour, LV 98 ANONYME – Robin is the Greenwood Gone DOWLAND – The Lord Visocunt Lisle his Galliard FERREBOSCO - Fantasia
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EVANGELINA MASCARDI LUTH « Io to vorria contar » Frédéric Zigante, Cornelia Demmer (luths). Munsique en Wallonie. LASSUS – Io ti vorria contar, VV 658 LASSUS – Quand mon mary, LV 153 ANONYME – La Bataille ad secundam ANONYME – Iay un mary LASSUS – Madonna mia pietra, LV 30 ANONYME – Paaomezzo d'Italye ad quintam LASSUS - Du corps absent, LV 171 LASSUS – Avecques vous mon amour, LV 38 LASSUS – La Nuict froide et sombre, LV 578 BESARD – Balleto GALILEI – Contrappunto sopra Suzanna un jour di Orlando per ... TERZI – Balletto alla francese
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TECHNIQUE : 4,5/5 Enregistré par Manuel Mohino en septembre 2022 à l'église de Franc-Warel (Belgique). Sobre, apurée, cette prise de son en proximité favorise l'écoute intime. La magnifique cohésion des différents luths (soprano, alto, ténor ou basse) donne l'impression, dans les duos et les trios, qu'un seul instrument est joué.
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Le répertoire pour luth a puisé abondamment dans la musique vocale. Il est donc juste que Roland de Lassus, maître parmi les plus fameux de son temps, ait été beaucoup transcrit. Evangelina Mascardi prolonge les arrangements anciens par les siens propres, et y joint des pièces de quelques autres compositeurs. Elle invite dans certaines pages un ou deux autres luths, multipliant ainsi les textures sonores. Nous éblouissent cette fois encore la beauté des timbres, une technique sans faille, le toucher d'une netteté exceptionnelle, la manière dont la musicienne habite la moindre mesure, sa verve rythmique. Écoutez le Passamezo d'Italye ad quintam (anonyme) : nul effet ostentatoire, mais un phrasé délicat, une fluidité envoûtante. Du corps absent se pare d'une agonique très fine, de sorte que le tactus ne se dissout pas, les accords servant de points de repère à un discours dont sourd une mélancolie altière : si la mélodie se fait plus brumeuse dans La nuit froide et sombre de Lassus (transcrite pour deux luths par Mascardi), les pages enlevées ont aussi leur tour – dans la malicieuse Gagliarda de Vincenzo Galilei, par exemple. Mascardi parvient à donner un charme fou à certaines mélodies (le Baletto de Jean-Baptiste Besard !) sans reléguer dans l'ombre ses comparses. Le Contrappunto supra Suzanna un jour de Giovanni Antonio Terzi (1560-1612) et son petit luth soprano, flottant sur les fondations harmoniques posées par le luth ténor, finit par avoir des accents incantatoires, quand le Baletto alla francese qui suit, tout en souplesse, a l'allure d'une souriante confidente. La Fantaisie d'Alfonso Ferrabosco qui clôt le programme allie avec une science confondante lignes de contrepoint et accords, dans un équilibre classique sans ascèse. Toujours, au détour d'une phrase, une accent inattendu, une inflexion infime, un accord autrement arpégé, un ornement plus furtif viennent relever le discours. Ils lui confèrent cette sprezzatura, cette fausse négligence, cette spontanéité (en réalité savamment étudiée) si chère aux théoriciens de la Renaissance. Écoutez seulement The Lord Viscount Lisle his Galliard de Dowland, pièce inspirée de la célèbre chanson de Lassus Suzanne un jour : la plus parfaite conduite avec l'air d'une improvisation. L'album emprunte son titre à une villanelle (dont la joyeuse transcription pour trois luths ouvre le programme) : Je te voudrais conter ... Oui, Mascardi est une conteuse comme la Renaissance en donne tant. Loïc Chahine
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