240403 - MUS DIA IND - MOUSSORGSKI - TABLEAUX D'UNE EXPOSITION & AUTTES ŒUVRES - INTERPRÈTES DIVERS

 



240403 - MUS DIA IND - MOUSSORGSKI - TABLEAUX D'UNE EXPOSITION & AUTTES ŒUVRES - INTERPRÈTES DIVERS




Moussorgsky conçut ses Tableaux d'une exposition (1874) comme une déambulation parmi les toiles, aquarelles et dessins de son ami Viktor Hartmann. Entre deux Promenade, voici un portrait démoniaque (Gnomus), le spectacle de nobles ruines (Il vecchio castello), d'espiègles jeux d'enfants (Tuileries), l'avancée laborieuse d'un char paysan (Bydlo), l'éclosion d'un œuf (Ballet des poussins dans leur coque), les échanges acerbes entre un usurier et son débiteur (Goldenberg et Schuÿme), une scène animée (Limoges, le marché), la vision d'un ossuaire (Catacombae), la demeure de la sorcière Baba Yaga (La Cabane sur des pattes de poule), enfin le projet d'un majestueux monument (La Grande Porte de Kiev). Pour orchestrer ce cycle de piano en 1822, Ravel se saisit de la palette d'un Rimski-Korsakov. Très russe d'esprit dans l'agencement des timbres et la violence des contrastes (pas seulement rythmiques), cette « colorisation » cherche le caractère. On peut compter sur Leonard Bernstein et son New Yprk Philharmonic pour exprimer, dans une stéréo précise (1958), toute la poésie suave, mélancolique ou irréelle de ces pages, leur ironie quelquefois mordante.

Quatre autres « tableaux » moussorgskiens complètent la galerie ; les trois premiers ont été retouchés par son ami Rimski-Korsakov. Le Lever du jour sur la Moskova est en fait le prélude de l'opéra La Khovanchtchina (1880) tandis que La Prise de Kars (1880) entrelace, avec une « marche solennelle », un chant russe et un thème oriental. L'Intermezzo in modo classico (1867) fixe un souvenir d'enfance : des femmes rient de voir leurs époux avancer péniblement dans la neige. Vous les entendez sous les baguettes évocatrices de George Szell, Walter Susskind et Boris Khaïkine.

Riches miniatures

Pour le Gopak qui referme sur une note joyeuse l'acte I de La Foire de Sorotchonsky, c'est un condisciple de Moussorski, Anatoli Liakov, qui tient le pinceau. Ce dernier esquissa une orchestration des Tableaux d'une Exposition dont il ne reste rien. Il laisse en revanche plusieurs miniatures d'un raffinement extrême, qui viennent enrichir notre collection. Après Fragments de l'Apocalypse (1912), qui oppose au fracas (scriabinien) un choral à l'effroi superbement gradué par Igor Markevitch, voici Kikimora (1909), créature démoniaque qui gronde sournoisement, puis soudain s'agite (flûte staccato) et lance ses maléfices – cinglants chez Pierre Dervaux.

Lui fait écho une autre figure de l'imaginaire russe : Baba Yaga (1904), sorcière semant la mort sur son passage. Efrem Kurtz distille ensuite les sortilèges du symboliste Lac enchanté (1909), page toute en profondeur miroitante et scintillements, avant de détailler les rouages d'une précieuse Tabatière à musique (1893)

François Laurent






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