240309 - MUS QZD - QUATUOR MODIGLIANI – QUATUORS À CORDES - GRIEG & SMETANA
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240309 - MUS QZD - QUATUOR MODIGLIANI – QUATUORS À CORDES - GRIEG & SMETANA
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EDWARD GRIEG 1843-1097 « Quatuors à cordes » Quatuor Modigiani Mirare GRIEG – Quatuor à cordes SMETANA – Quatuor à cordes n°1 « De ma vie »
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TECHNIQUE : 4,5/5 Enregistré par Hugues Deschaux à Hohemens (Autriche) en décembre 2022. Cette captation en grande proximité offre des contours précis, dans une image très cohérente et homogène. Timbres admirablement restitués. L'équilibre parfait entre les quatre instruments permet une expérience sonore immersive.
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Belle idée que ce couplage inédit de deux quatuors à cordes quasi contemporains ( 1876 et 1878). Grieg et Smetana y dressent chacun un autoportrait intime : doutes et désillusions conjugales chez l'un, atteinte définitive de surdité et bocage créatif chez l'autre. Pour traduire cette intense subjectivité et affirmer leur forte volonté d'émancipation nationaliste, ils délaissent les modes dominants au profit de constructions plus personnelles. Blocs sonores, ruptures, silence, texture « orchestrale » d'une densité inhabituelle (doubles et triples cordes en abondance), rappel cycliques y prennent une place inédite. La postérité favorisera le Quatuor en mi mineur de Smetana aux dépens de l'Opus 27 de Grieg auquel d'aucuns ont pu reprocher, injustement, une certaine banalité thématique et le côté « pièce de caractère » de ses deux moments centraux. Autant de défis que les Modigliani relèvent avec une prise de risque maximale. Jamais avant eux nous n'avions entendu ces pages irradier couleurs, flammes et tourbillons avec une telle profusion. Ces ondes violentes que veines d'impalpables nuances ne sont-elles pas le langage même de la passion et des regrets ? D'une prodigieuse sensualité, les quatre archets, dans une ampleur ouvertement symphonique, exaltent les affects sans que rien de la structure ne soit sacrifié. Leur art subtil de la respiration et des contrastes impressionne. De même, les éléments populaires instillés dans l'un et l'autre quatuors prennent ici un relief inédit : écoutez la pulsation superlativement élégante de la difficile Romance chez Grieg, les savoureuses sonorités Hardanger que gagnent les trios de l'Intermezzo, ou, chez Smetana, le théâtre évocateur de la Polka ! Tout cela, sans une once de pathos, de sentimentalité, assure un profilage psychologique aussi juste que bouleversant. Moins bien servi par le disque, le quatuor de Grieg trouve ici sa référence, malgré les excellentes mais plus austères versions des Kontra (Bis), Leipzig (MDG) ou Petersen (Capriccio). Dans « De ma vie » de Smetana, l'incandescence des Modigliani fait jeu égal avec les Haas (Supraphon), Takacs (Hyperion) ou Prazak (Praga). C'est tout dire. Pascal Brissaud
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