240306 - MUS QZD - BEETHOVEN – SONATES POUR PIANO N° 21 & 23 - RUDOLF SERKIN
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240306 - MUS QZD - BEETHOVEN – SONATES POUR PIANO N° 21 & 23 - RUDOLF SERKIN
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LUDWIG VAN BEETHOVEN 1770-1827 « Sonates avec piano n°21 « Waldstein » et 23 « Appassionata » Rudolf Serkin (piano) DG. BEETHOVEN – Sonate avec piano n°21 « Waldstein » BEETHOVEN – Sonate avec piano n°23 « Appassionata »
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TECHNIQUE : 4/5 Enregistré dans le récital de Suny Purchase College, à New York, en mars 1986 (Sonate n°21) et au studio Guilford Sound de Vermont en mai et juin 1989 (Sonate n°23) par Judith L. Sherman. Deux enregistrements de piano particulièrement toniques qui révèlent l'énergie et la précision du jeu. Capté en proximité dans la n°21, l'instrument occupe l'ensemble de l'image sonore. Il se trouve localisé sur la gauche dans na n°23. Les aigus ont une présence vive et détallée, les graves apportent une profondeur enveloppante dans un équilibre séduisant.
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L'événement
Le chant du cygne
Pour le cent vingtième anniversaire de la naissance de Rudolf Serkin (1903-1991), DG livre deux sonates inédites et fabuleuses.
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Ces enregistrements « n''ont pas été approuvés » par Rudolf Serkin, écrit sa fille dans la notice. « Au moment où ils furent prêts, il était déjà très malade. Il mourut avant de pouvoir confirmer la publication. » La « Waldstein » a été captée en 1976, l' « Appassionata » en 1989. Le pianiste a alors plus de quatre-vingt ans, il n'y a donc rien d'étonnant à ce que la gravure « ne [soit] pas "parfaite" », précise encore Judith Serkin. Pour autant, comme c'est le cas dans les trois dernières sonates également enregistrées pour DG à la même époque, la maîtrise est presque intacte. Peu importe que le tempo, dans l'Allegro con brio de la « Waldstein », marque un peu le pas : quelle conduite ! Quels crescendos ravageurs ! Ce que l'on perd d'un côté (et que l'on retrouvera par exemple dans le live londonien de juin 1973 disponible chez ICA, plus vif), on le regagne en richesse agogique, en nuances soigneusement étagées, en perfection de la pensée – écoutez la variété des accents, des rebonds, des chutes, admirez ces nuages et ses rayons qui ombrent ou éclairent fugacement, mais en toute conscience ! Conscience, tel est le maître-mot : Serkin sait ce qu'il fait, et ce qu'il fait vous traverse. Ce Beethoven-là n'est pas Byron, c'est Homère, c'est l'épopée, c'est la narration poétique. Comment ,e succomberait-on pas au chant infini des deuxième et troisième mouvements ?
Intransigeant La lecture de l' « Appassionata » est impérieuse, implacable. Comme l'atteste le premier volet, bien sûr, zébré de cris et de coups de tonnerre, mais aussi l'Andante con moto (c'est-à-dire « avec mouvement ») qui avance presque halluciné, teinté par endroits d'angoisses, allant même jusqu'au suffocant. Et pourtant, quel souffle ! Allegro véritablement ma non troppo, le finale exprime avec une rare acuité quelque chose de la douleur beethovénienne. Dans l' « Appassionata » gravée par le même Serkin en 1947 (Sony), la virtuosité filait plus droit ; l'album de 1963 montrait déjà un cheminement vers les recoins, que cette ultime version, à notre sens, parachève, avec un jusqu'au-boutisme intransigeant et bouleversant. Car dans cette exploration minutieuse du texte musical, le gestion magistrale du temps ne perd jamais le sens de la continuité et s'allie à une tension dévorante, incandescente. « Les petits défauts de cet immense musicien », écrivait Alain Lompech dans le portrait qu'il consacrait à Serkin (Les Grands Pianistes du XX° siècle, Buchet Chastel), « n'étaient rien en regard d'une approche de la musique dont la sensibilité allait droit à l'essentiel. » Oui, qu'importent de menues imperfections, guère plus importantes que celles de mainte captation de concert : ces deux témoignages ont une force incantatoire, une puissance expressive, une urgence qui ne laissent pas indemne. L'extrême concentration s'y allie à la générosité. Un maître du piano est là qui vous empoigne et ne vous lâche plus. Loïc Chahine
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