240221 - MUS QZD - SCHUMANN - CONTRASTS - PHILIPPE TONDRE, DANAË DÖRKEN

 





240221 - MUS QZD - SCHUMANN - CONTRASTS - PHILIPPE TONDRE, DANAË DÖRKEN







ROBERT SCHUMANN

1810-1856

« Contrasts »

Philippe Tondre (hautbois), Danaë Dörken (piano)

Klarthe

SCHUMANN – Adagio et allegro

SCHUMANN – Trois pièces de fantaisie op. 73

SCHUMANN – Chant du soir op. 85 n°12

SCHUMANN – Trois romances op. 94

SCHUMANN – Pièces dans le ton populaire n°2, 3 et 4.




TECHNIQUE : 3,5/5

Enregistré en avril et mai 2020 au SWR Funkstudio de Stuttgart par Fabian Vossler et Volker Neumann. Une image cohérente et équilibrée. Mate et peu enveloppante, l'acoustique n'est guère flatteuse et le piano sonne un peu éteint, mais les contours de l'interprétation sont fidèlement restitués.





Nommé en 2016 (à vingt-sept ans) hautbois solo de l'Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, Philippe Tondre est depuis 2020 celui du Philadelphia Orchestra. Formé à Paris auprès de David Walter, cet artiste franco-britannique est par ailleurs membre du Chamber Orchestra of Europe et enseigne régulièrement en Allemagne, en Grande-Bretagne ainsi qu'aux États-Unis. C'est à « la musique de Robert Schumann [qui] est en quelque sorte [sa] madeleine de Proust » qu'il a choisi de dédier son tout premier album.

Le compositeur n'a légué au hautbois que Trois romances devenues l'œuvre-phare du répertoire romantique de l'instrument ? Qu'à cela ne tienne, Tondre puise dans le corpus schumannien de la féconde année 1849.

Dans l'Adagio allegro originellement pour cor et piano, le souffleur triomphe des « lignes à n'en plus finir » tel un violoniste et libère « une fougue sans relâche » dans le mouvement rapide. Il prend ensuite le hautbois d'amour en la pour remplacer la clarinette dans un Opus 73 galvanisé par le piano rutilant de Danaë Dörken. Que de poésie dans ces Pièces de fantaisie dont les ultimes mesures sont littéralement époustouflantes.

Contraste saisissant, les deux interprètes nous offrent une page vespérale (Abendlied) oscillant entre nostalgie du jour passé et promesse de l'aube à venir. La transition vers les Romances op. 94 est opportune. Là où Gabriel Pidoux faisait plutôt preuve de prudence (Alpha, cf. n° 710), Tondre, par sa sereine hauteur de vue, apporte un supplément d'âme à ces « chants d'ombre et de lumière », ainsi qu'il les qualifie lui-même. Il explore les moindres recoins de la phrase, méandres seulement interrompus par quelque accès fiévreux.

Trois des Cinq pièces dans le ton populaire concluent l'album sur une touche plus divertissante. Comme les duos transformés par Holliger avec Brendel, Boyd avec Pires ou Alexis et Leonid Ogrintchouk, Tondre et Dörken se risquent à la transcription. Et séduisent par une maîtrise qui force l'admiration.

Bertrand Hainaut




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