240218 - MUS QZD - QUENTIN & CORELLI - SONATES AVEC FLUTE - ANNA BRESSON, MYRIAM RIGNOL, JEAN RONDEAU

 





240218 - MUS QZD - QUENTIN & CORELLI - SONATES AVEC FLUTE - ANNA BRESSON, MYRIAM RIGNOL, JEAN RONDEAU






JEAN-BAPTISTE QUENTIN

CA 1690-CA 1742

« Sonates pour violon et basse continue »

Anna Besson (flûte), Myriam Rignol (viole de gambe), Jean Rondeau (clavecin et orgue)

Alpha.

QUENTIN – Sonates pour violon et basse continue

CORELLI – Sonates pour violon et basse continue




TECHNIQUE : 4/5

Enregistré par Aline Blondiau en juillet 2022 au Collège de Hollande, Louvain (Belgique). Une image sonore à la fois dense et ample, offrant un relief subtil. Captée en très grande proximité, la flûte à bec y est localisée à l'avant-scène. Toujours au centre, mais en arrière-plan, se superpose au clavecin ou à l'orgue posifit, une viole de gambe qui fait corps avec lui.





Né vers 1690 à Paris, Jean-Baptiste Quentin dit « le Jeune » intègre comme violoniste l'Académie royale de musique en 1718. Il publie à partir de 1728 quatre Livres de sonates pour son instrument, ainsi qu'un volume de sonates en trio et deux recueils à quatre parties. Dans le sillage de Corelli, sa musique épouse les codes de son époque.

Anna Besson en révèle magistralement le charme. Une sonorité splendide, un discours vibrant et admirablement poli exercent d'emblée une séduction que rien ne viendra démentir. La flutiste fait totalement oublier que les sonates ici rassemblées ont été pensées pour violon. Il en va de même dans les sonates de Corelli « ajustées à la flûte avec la basse ». On pouvait craindre que la transposition vers l'aigu engendrât quelque stridence : il n'en est rien, le timbre demeure partout somptueux. Écoutez, dans la n°4, comme les ornements de l'Adagio coulent, comme la virtuosité de l'Allegro et du Vivace virevolte, sans rien pourtant d'ostentatoire, comme l'Adagio déploie son lyrisme pudique ! Dans la n°3, l'Allegro nous promène de tourbillons en accalmies en une maestria réjouissante. La captation en proximité autorise à la musicienne des amuïssements délicieux, tels ceux dont elle pare l'Adagio de la même sonate.

Des pages de Qeuntin voisinent sans avoir à rougir avec le génie corellien, ainsi l'Andante pris dans la Sonate n°2 du Livre II, où la complémentarité de la flûtiste avec ses partenaires fait des merveilles. Besson trouve partout en Jean Rondeau un soutien attentif et inventif – tant pis si la basse d'archet est ça et là plus prosaïque. L'Allegro de l'Opus 4 n°4 pourraît n'être qu'un aimable cui-cui ; par sa tenue, son investissement, il nous ravit.

La Sonate n°4 du Livre III fait presque songer à Handel : l' Un poco adagio envoûte, ce tour galant qui parcourt une bonne part de la musique européenne dans le deuxième tiers du XVIII° siècle traverse la délicate Aria en rondeau en fin de programme. Voilà bien l'un des plus beaux disques de flûte baroque entendu depuis longtemps.

Loïc Chahine




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