240213 - MUS QZD - HAHN & CHABRIER - LE RUBAN DENOUÉ & VALSES - ERIC LE SAGE, FRANK BRALEY
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240213 - MUS QZD - HAHN & CHABRIER - LE RUBAN DENOUÉ & VALSES - ERIC LE SAGE, FRANK BRALEY
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REYNADO HAHN 1874-1947 « Le Ruban Dénoué & Valses » Sandrine Piau (soprano), Eric Le Sage, Frank Braley (piano) Sony. HAHN – Le Ruban Dénoué HAHN – Caprice mélancoli-que HAHN – Pour bercer un convalescent HAHN – Puisque j'ai mis ma lèvre CHABRIER – Trois valses romantiques
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TECHNIQUE : 4,5/5 Enregistré au Concert Hall de Namur le 22 décembre 2022 par Jean-Marc Laisné. Parfait équilibre spatial entre les deux pianos, aux registres bien définis. Belle homogénéité et cohérence des timbres, dans une image au relief très subtil.
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Eric Le Sage et Frank Braley, après un étonnant double concerto de Poulenc, auront attendu presque vingt ans pour nous livrer, toujours aussi complices, deux autres trésors du piano français. C'est en 1915, sur le front, que le soldat Reynaldo Hahn compose Le Ruban Dénoué, douze valses destinées à « fixer les instants qui auront compté dans [s]a vie ». Tout en frémissements chaloupés, les Décrets indolents du hasard déroulent leur mélodie legatissimo, comme sur un rouage (« mollement mais très en mesure », recommande Hahn au secondo). Tandis que Les Soirs d'Albi, marqués « vif et leste », filent leggero, en clignant de l'œil vers l' Espana de Chabrier. Souvenir ... Avenir ... s'alanguit amoroso, s'enflamme (« très chanté »), puis s'éteint. Le Demi-Sommeil embaumé se déploie tel un rêve. « Très capricieux mais sans jamais presser », notre Hahn : Le Sage et Braley y suggèrent comme personne, hésitation, sourire, tendresse, effusion, déception, tristesse. Dans L'Anneau perdu, parenthèse fauréenne et agitée, c'est une fugace citation du « faites-lui mes aveux » de Siebel qui nous tire l'oreille. La Danse du Doute et de l'Espérance fait admirablement sentir la morsure du premier dans la seconde. Et La Cage ouverte laisse s'envoler un motif dont le compositeur fera le finale de Ciboulette : « Il n'est de durable ivresse/Demain nous serons très vieux/Aimons pendant notre jeunesse/L'amour on n'trouvera jamais mieux ». Les sentiments que raniment Les Baisers illuminent Il sorriso – dont Hahn se souviendra, là encore, pour habiller le duo de Lorenzo et Jessica à l'acte 1 de son Marchand de Venise. Le thème du Seul amour « ne cessera de chanter dans [s)a tête, comme si [son] cœur s'épanchait en un flux intarissable », confiait le compositeur. « Très senti », indique-t-il en tête de cette dernière valse : notre duo lui rend intensité, élégance, soubresauts et bouffées de mélancolie. Huseyin Sermet et Kun Woo Paik ne les distillaient pas à ce point dans une gravure (Valois, cf. n°380) qui, jusque-là, n'avait pas été détrônée. Outre une mélodie où resurgit le thème du Seul Amour (sur les mots « J'ai dans l'âme une fleur que nul ne peut cueillir ! »), Le Sage et Braley ajoutent le fauréen Pour bercer un convalescent, lui aussi de 1915. Ils rapprochent surtout, très judicieusement, Hahn et le Chabrier des Trois valses romantiques (1897). Une souplesse rieuse enveloppe l'impétuosité de la première les humeurs et les coups de menton de la deuxième. Nos compères font ensuite étinceler avec délicatesse les pirouettes de la troisième. Ces raffinements singuliers, cette pointe de mystère préludent alors idéalement au Caprice mélancolique (1897) d'un Reynaldo de vingt-trois ans. Éblouissant. François Laurent
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