2401222 - MUS QZD - LECLAIR - SCYLLA ET GLAUCUS - SOLISTES, PURCELL CHOIR, ORFEO ORCHESTRA, GYÖRGY VASHEGYI

 





2401222 - MUS QZD - LECLAIR - SCYLLA ET GLAUCUS - SOLISTES, PURCELL CHOIR, ORFEO ORCHESTRA, GYÖRGY VASHEGYI







JEAN-MARIE LECLAIR

1697-1764

« Scylla et Glaucus »

Judith Van Wanroij (Scylla),

Cyrille Dubois (Glaucus), Véronique Gens (Circé), Jehanne Amzal (l'Amour, Témire, une Bergère, une Sicilienne),

Hasnaa Bennani (Vénus, Dorine, une Dryane),

David Witczak (le Ched des Peuples, un Sylvain, Hécate),

Purcell Choir,

Orfeo Orchestra,

György Vashegyi.

Glossa (2 CD).

TECHNIQUE : 4,5/5

LECLAIR – Scylla et Glaucus




Créé en 1746 par un compositeur peu familier de la scène, Scylla et Glaucus tente de concurrencer Rameau. Pari difficile qui se solde par un échec : après dix-huit représentations, l'œuvre disparaît de la scène et Leclair renonce au genre. Emprunté à Ovide, l'argument est pourtant riche (malgré un « happy end » inhabituel à l'époque) et traité avec une formidable science des timbres. Les bariolages et les fusées à l'italienne côtoient les sections contrapunctiques, les lignes volontiers brisées s'enrichissent d'harmonies abruptes : tout, dans la partition, rehausse cette tragédie d'amour et de jalousie où la voix conserve la primeur. Quant aux danses (ici sans clavecin, selon la pratique la plus historiquement informée), elles sont fidèles au goût français.

À la version originale de l'œuvre, la plus enregistrée, György Vashegyi a préféré la seconde. Allégée de quelques airs et, surtout, de nombreux récitatifs, elle gagne en équilibre et bénéficie ici d'une belle distribution. Même si elle manque parfois de l'inquiétude requise par le texte (« Ta gloire dans ces lieux »), Judith Van Wanroij est une très fine Scylla. Cyrille Dubois a beau être fougueusement virtuose en Glaucus, son affectation nuit au caractère divers du personnage et finit par lasser. Circé trouve en Véronique Gens une magicienne plus vraie que nature, très différente de Rachel Yakar ou Florie Valiquette mais tout aussi juste, entre douceur désespérée (« Reviens, ingrat » et âpreté vengeresse (« Ah ! Que la vengeance ! ».

Les rôles secondaires, multiples, sont particulièrement bien servis. Jehanne Amzal et Hasnaa Bennani se coulent parfaitement sous leurs divers personnages, entre bergère ingénue, confidente résolue ou taquine, et déesse vexée. David Witczak (formidable chef des Peuples), Josef Gal et Marton Komaromi (saisissantes Propétides) parachèvent le tableau. Saluons, enfin, une direction précise, ça et là un peu courte d'imagination toutefois. Le tout offre un convaincant moyen terme entre la version un peu solennelle de Gardiner (Erato) et celle, souvent outrancière, de Plewniak (CVS).

Anne Ibos-Augé




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