240118 - MUS QZD - BOCCHERINI - QUINTETTES À CORDES - RAPHAËL FEYE, QUATUOR KARSKI

 





240118 - MUS QZD - BOCCHERINI - QUINTETTES À CORDES - RAPHAËL FEYE, QUATUOR KARSKI







LUIGI BOCCHERINI

1743-1805

« Quintettes à cordes »

Raphaël Feye (violoncelle), Quatuor Karski.

Evil Penguin.

   TECHNIQUE : 4/5

BOCCHERINI – Quintette à cordes op.42 n°1

BOCCHERINI – Quintette à cordes op.42 n°3

BOCCHERINI – Quintette à cordes op.42 n°4

BOCCHERINI – Quintette à cordes op.46 n°3




Boccherini se méfiait des interprètes ; les indications précises de nuances dynamiques, de caractère ou de tempo dont regorgent ses partitions suffiraient à le prouver. Leur relatif lissage sous les archets de La Magnifica Comunita ou des Virtuosi della Rotonda explique peut-être les sentiments mitigés que laissait leur intégrale des quintettes à corde (Brillant).

Rien de tel avec les Karski et Raphaël Feye au second violoncelle. Comme Camirelli en 1980 au Festival de Malboro, les nouveaux venus ont perçu le lien entre l'Opus 42 n°1 et le Stabat mater, plusieurs fois cité dans cette œuvre, elle aussi en fa mineur. L'Allegro moderato assai, lent et doloriste, déploie un pathos exacerbé. L'effet stracinando (qui consiste à faire traîner l'archet) est parfaitement exploité dans le Trio de Minuetto, et le Rondo avec ses ruptures de tempo, rubato, accelerando est traité avec le souci du détail. En revanche, le mélancolique Andantino affectuoso de l'Opus 42 n°3 en si mineur était d'une douceur plus élégante chez les Vanbruch (Hyperion).

Trouver le juste équilibre est plus difficile encore dans l'Opus 42 n°4 en sol mineur. Le Larghetto amoroso doit-il exprimer un amour austère, comme chez les sombres Esterhazy (Teldec, 1979), ou être touché par la grâce, comme avec les Vanbrugh ? Nos interprètes y entendent un amour sincère, sans joie béate ni maniérisme. Un cœur simple.

De quatre ans plus tardif (1793), l'Opus 46 n°3 en ut majeur est ici enregistré pour la première fois. Dans l'Andantino, finement tissé, comme dans les belles envolées du finale, les Karski convainquent par un raffinement jamais artificiel.

Roger-Claude Travers




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