240111 - MUS QZD – DE' CAVALIERI - LAMENTATIONS - PROFETI DELLA QUINTA
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240111 - MUS QZD – DE' CAVALIERI - LAMENTATIONS - PROFETI DELLA QUINTA
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EMILIO DE' CAVALIERI CA 1550-1602 « Lamentationes Hieremias Prophetae » Profeti della Quinta. Pan Classics. DE' CAVALIERI – Lamen-tationes Hieremias Prophe-tae
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TECHNIQUE : 3,5/5 Enregistré en l'église réformée de Versam (Suisse) en mars 2023 par Karel Valter. Le manque de relief favorise une certaine concentration. Si l'orgue domine parfois la scène, les timbres sont plaisant.
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En février 1600, Cavaliero faisait imprimer, le premier, un ouvrage théâtral entièrement chanté : La rapprezentatione di Anima e di Corpo. Diplomate, chorégraphe, organiste et compositeur, il laisse également une collection de pièces énigmatiques, destinées aux offices des Ténèbres des jeudi, vendredi et samedi saints. Un manuscrit copié à une date incertaine (vers 1576-1584 ? vers 1597-1599 ?) nous a transmis trois ensembles de Lamentations de Jérémie pour les premiers et troisièmes nocturnes de chaque jour, avec leur répons, ainsi que deux leçons incomplètes et plusieurs versets alternatifs. Les Profetti delle Quinta, non contents de se pencher sur l'intégralité des trois cycles, dévoilent une Première Lamentation inédite. Écrites pour cinq voix et basse continue, ces pièces mêlent hardiment duos, solos et polyphonies déclamatoires en falsobordone. Ces « monodies accompagnées », riches en chromatismes, glissandos, dissonances harmoniques et intervalles torturés, constituent une des premières expériences connues du stile rappresentativo, traçant les chemins de l'opéra. Ce chef-d'œuvre intense et visionnaire fut révélé en 1989 par Livio Picotti et ses madrigalistes padouans (Tactus). Si ces derniers alternaient chœurs généreux et solos dans une esthétique concertante à la spiritualité compassée, les Profeti offrent une lecture à la théâtralité sans compromis, héritage de dix années de recherches et d'expérimentations en concert. Point de chœur, mais un ensemble de solistes inspirés : Elam Roten s'y distingue à la fois comme chanteur et organiste (il est également éditeur des Lamentations), tandis que Pierre Devillers assume l'éblouissante partie conçue pour Vittoria Archilei, l'une des premières diva de l'Histoire. Ciselant finement chaque voix, ils osent une ornementation profuse et stylée, déduite des préfaces explicatives de Cavalieri, Peri et Caccini. De même, s'appuyant sur la nomenclature de la Rappresentatione, un lirone et un théorbe prennent place aux côtés d'un orgue aux rutilantes colorations italiennes et au tempérament enharmonique savoureux. Un modèle d'interprétation historiquement informé et une réalisation à la puissance expressive sidérante. Denis Morrier
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