240107 - MUS QZD - BEETHOVEN - LES QUATUORS À CORDES MÉDIANS - QUATUOR DOVER
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240107 - MUS QZD - BEETHOVEN - LES QUATUORS À CORDES MÉDIANS - QUATUOR DOVER
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LUDWIG VAN BEETHOVEN 1770-1827 « Les Quatuors médians » Quatuor Dover. Cedille (3CD) BEETHOVEN – Quatuor à cordes n°7 « Razoumovsky » BEETHOVEN – Quatuor à cordes n°8 « Razoumovsky » BEETHOVEN – Quatuor à cordes n°9 « Razoumovsky » BEETHOVEN – Quatuor à cordes n°10 « Les Harpes » BEETHOVEN – Quatuor à cordes n°11 « Serioso »
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TECHNIQUE : 4/5 Enregistré par Bruce Egre en décembre 2019, juillet et août 2020 au Sauder Concert Hall du Goshen College (Indiana, États-Unis). Belle couleur et non moins belle définition des cordes, captées en relative proximité et qui s'épanouissent au sein d'une image homogène et aérée. La cohésion du quatuor se trouve parfaitement mise en valeur.
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L'événement
Ferveur lumineuse
Sommets d'une intégrale des quatuors de Beethoven, les « Razoumovsky » du Dover Quartet installent cette jeune formation américaine au premier rang.
Une nouvelle intégrale des quatuors à cordes de Beethoven se justifie aujourd'hui dans la mesure où elle nous révèle quelque chose de nouveau. Ce qui est certainement le cas avec celle du Dover Quartet, dont les trois volumes distincts ont été publiés par Cédille aux États-Unis entre 2019 et 2022. Si elle a mis peu de temps à traverser l'Atlantique, elle s'impose comme l'une des meilleures de ces dix ou quinze dernières années, avec pour sommet les quatuors médians. Fondé en 2008 sur les bancs du Curtis Institute de Philadelphie où il est désormais en résidence, lauréat du prestigieux Concours de Banff en 2013, ce quatuor américain est ici époustouflant de conviction et de profondeur. Équilibrant idéalement la passion et la clarté, il affiche partout une sûreté d'intonation, une cohésion et une écoute mutuelle exemplaires. Son interprétation des trois Quatuors « Razoumovsky » impressionne particulièrement par la variété des attaques, la beauté du son, le raffinement du phrasé, la fermeté des lignes. Le jeu lumineux et la qualité de vibrato du premier violon Joel Link, sa force de projection y jouent un grand rôle. Intensité et raffinements D'un héroïsme moins ostentatoire et démonstratif que d'autres archets, le Quatuor n°7 en fa majeur voit l'énergie du discours, sans cesse projetée vers l'avant, se nuancer d'intéressantes inflexions, pleines de fraîcheur et de spontanéité. Ombré par les interrogations puis la douloureuse introspection des deux mouvements centraux, son formidable élan se prolonge dans un finale rendu aussi substantiel que tout ce qui le précède – ce qui n'est guère fréquent. Dans le Quatuor n°8 en mi mineur, l'égal poids expressif donné aux quatre mouvements s'accompagne d'une extrême caractérisation de chacun, sans que la mémoire de l'auditeur ait rien perdu de l'effervescence, de la tension implacable et des intéressantes ruptures de l'Allegro initial, l'intensité contemplative du Molto Adagio en mi majeur paraît illuminer la partition entière. L'ampleur hymnique avec laquelle est joué ce mouvement n'a d'ailleurs rien à envier à celle qui portera, dans le Quatuor n°15, le Chant de reconnaissance. L'approche du Quatuor n°9, en ut majeur, éblouissant de puissance comme de virtuosité, permet tout autant d'admirer le jeu dense, sobre et d'une rare éloquence du violoncelliste Candem Shaw. Il est tentant, dans l'œuvre de détente qu'est le Quatuor n°10 « Les Harpes » en mi bémol majeur, de dédramatiser à l'excès le propos. Les Dover, tels récemment les Chiarusco (Bis, cf. n°728), évitent cet écueil. Quand ces dernières privilégiaient pour ce faire les nuances infinitésimales, les dynamiques douces, les nouveaux venus s'appuient avant tout sur l'étonnante beauté mélodique des thèmes et le constant chatoiement sonore qu'offre la partition, hantée par l'esprit de variation. L'exaltation d'une certaine qualité de timbre apparaît beaucoup moins essentielle dans le sévère et énigmatique Quatuor « Serioso » en fa mineur. Pourtant, ce sont le fruité, la diversité des couleurs et la transparence de la trame qui nous frappent ici et nous séduisent. Patrick Szernovicz
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