241014 - MUS DIA IND - 172 - DIDON ET ÉNÉE. LA TEMPËTE - SOLISTES, ENGLISH CHAMBER ORCHESTRA, PHILOMUSICA OF LONDON, ANTHONY LEWIS

 



241014 - MUS DIA IND - 172 - DIDON ET ÉNÉE. LA TEMPËTE - SOLISTES, ENGLISH CHAMBER ORCHESTRA, PHILOMUSICA OF LONDON, ANTHONY LEWIS






Petit chanteur de la Chapel Royal à l'époque où l'institution renaît de ses cendres, organiste et copiste à Westminster, fournisseur d'anthems pour la chapelle ... né musicien d'église. C'est pourtant au théâtre qu'il se fera un renom. Dès 1680, année de ses vingt et un ans, il trousse neuf airs et ensemble pour une tragédie de Nathaniel Lee et prend place sur les scènes de Londres où il multiplie les incidental musics avant de se lancer en 1690 dans une série de dramatick operas – Dioclesian, King Arthur, The Fairy Queen et The Indian Queen.

Le dramatik opera n'a rien d'un opéra, encore moins dramatique. C'est à peu près ce que Molière et Lulli, modèles patents, nommaient comédie-ballet, pièce parlée dans laquelle se glisse plus ou moins à-propos une série de divertissements autonomes. D'opéra au sens où nous l'entendons, drame chanté soutenu d'un bout à l'autre, Purcell n'en aura composé qu'un, dont nous ne savons d'ailleurs pas grand chose, les deux manusccrits connus ayant été copiés plus d'un demi-siècle après sa mort. Sur la foi d'un livret publié en 1689 reflétant une représentation « donnée dans l'Ecole de Mr. Josias Priest à Chesley par de jeunes demoiselles », on a cru d'abord que Dido and Aeneas était né à cette occasion. Mais la découverte d'un livret du petit opéra de John Blow d'abord joué à la cour puis dans cette même école a soulevé de nouvelles hypothèses : pourquoi Dido n'aurait-elle pas elle aussi créée à la cour, avant que John Priest la reprenne dans son école ? L'œuvre daterait alors de 1688, ou 1684, ou ...

Toutes en une

Seule certitude : les modes passent, Dido and Aeneas reste de tous les opéras baroques le plus joué, le plus aimé, le plus enregistré. Pas de castrat, une écriture vocale sans artifice, un effectif léger, une intrigue simple, une petite heure : voici l'enfant chéri des ensembles professionnels comme des amateurs, des scènes modestes comme des ambitieuses. Le rôle-titre même séduit depuis un siècle divas, antistars, diseuses, marbres hautains, fleurs fragiles, tragédiennes écorchées, et naturellement celle qui les rassemble toutes, Janet Baker, titulaire ici captée à ses débuts, souveraine malgré les flots de science qui ont passé sous le London Bridge depuis 1961.

Pour lui répondre, qui mieux que la soprano chérie de Britten, Jennifer Vyvyan, lancée trois ans plus tôt avec ses camarades Hervey Alan, William Herbert et le même Anthony Lewis à la conquête d'un dramatick opéra longtemps attribué à Purcell, The Tempest, en réalité patchwork évolutif et collectif dont le musicien principal, dans les années 1710, fut certainement John Weldon, digne élève de Purcell tourné vers les Lumières.

Ivan A. Alexandre








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