240905 - MUS QZD - FAURÉ - MÉLODIES. LA BONNE CHANSON. L'HORIZON CHIMÉRIQUE. LA CHANSON D'ÈVE - GÉRARD SOUZAY, SUZANNE DANCO, IRMA KOLASSI, CHARLES PANZÉFA

 





240905 - MUS QZD - FAURÉ - MÉLODIES. LA BONNE CHANSON. L'HORIZON CHIMÉRIQUE. LA CHANSON D'ÈVE - GÉRARD SOUZAY, SUZANNE DANCO, IRMA KOLASSI, CHARLES PANZÉFA









VERS L'HORIZON CHIMÉRIQUE

Notre voyage vers L'Horizon chimérique, chef-d'œuvre ultime, suivra sans détours le chronologIe des mélodies de Fauré. Le compositeur cherche d'abord l'inspiration dans les vers de Théophile Gautier (Tristesse, 1876), de l'intercesseur Sully pruhomme, et surtout le Verlaine fantasque des Fêtes galantes et des Ariettes oubliées. Les conventions de la romance de salon s'évanouissent vite, au profit d'une miraculeuse alchimie poético-musicale, réalisée au son de Mandoline, de Green, et de la terrible Prison (Le ciel est par-dessus le toit ...).

Amoureux de la soprano Emma Bardac, Fauré lui offre bientôt son premier grand cycle, alla Schumann, cette Bonne Chanson (1894) toujours puisée chez Verlaine. Le musicien aux harmonies imprévisibles et sensuelles approfondit ses évidentes affinités avec le poète des aveux murmurés et des charmes suggestifs. Le propos, bien différent de celui qui prévalait dans les évocations inspirées de Watteau, est désormais celui d'une commune dévotion à la femme aimée. Des vingt et un textes de recueil, le compositeur ne retient que ceux illuminés par cette passion chimérique, et non les « funestes pensées » exorcisées sur les arpèges houleux de Puisque l'aube grandit. L'exaltation, volontiers voluptueuse, à peine tempérée par le balancement mineur-majeur, marque le caractère fiévreux des vers et l'urgence de la première maturité fauréenne.

Le symbolisme jusqu'alors pressenti se donne libre cours douze ans plus tard avec La Chanson d'Ève, sur des textes du belge Van Leberghe. Un cycle affranchi du souci narratif, librement tendu entre aurore du monde et fins dernières, amour ardent, mystique et célébration florale de la nature. La partie de piano est toujours aussi soignée, mais d'une richesse à présent plus elliptique, pour laisser à la parole chantée la plus grande souplesse déclamatoire. L'Horizon chimérique de 1921, ultime opus du musicien, dédié au baryton Charles Panzéra, doit moins au charme insaisissable des compositions évanescentes de Fauré. Le ton en est ouvertement haletant, nourri d'élans contrariés, d'aspirations aux départs toujours inassouvies. La mer suscite et décourage tout à la fois cette quête sans espoir. Les batteries rythmiques, la puissance de la déclamation, transcendent les vers de Jean de La Ville de Mirmont, sous un ciel habité par la lunaire Séléné lovée dans l'arabesque fauréenne.

Jean Cabourg




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