|
|
Critique
par Guillemette Odicino
Publié
le 06/05/2024
Le
troupeau d’un éleveur touché par une épidémie mortelle… Un
film d’une justesse de sentiments et particulièrement bien
documenté sur le quotidien des paysans, porté par Swann Arlaud.
Il y a du Scorsese dans cette ferme !
Pour
Pierre, rien ne compte plus que ses vaches. Levé à l’aube tous
les matins pour la traite, il trime toute la journée entre la
pâture et les mille et une tâches de la ferme, sans compter les
réveils en pleine nuit pour la mise bas d’un veau… Ce jeune
éleveur consacre chaque minute de son existence à son troupeau.
L’amour ? Pas le temps – ni même l’envie – de répondre
aux avances de l’avenante boulangère du village. Les seules
visites qu’il accepte sont celles de sa sœur, puisqu’elle est
vétérinaire. Surtout, Pierre a peur : les premiers cas d’une
épidémie viennent de se déclarer en France. Des troupeaux sont
abattus par mesure de précaution. Découvrant que l’une de ses
laitières est infectée, il est prêt à tous les mensonges pour
empêcher qu’on tue ses vaches…
Hubert
Charuel, lui-même fils d’éleveurs, mais qui préféra la Fémis
à la ferme familiale, s’empare d’un sujet qu’il connaît
intimement. On est d’abord frappé par sa capacité à convertir
son matériau documentaire (des difficultés économiques aux lois
sanitaires, jusqu’à la question épineuse de la robotisation de
la traite) en fiction passionnante. Mais, en plus, son film
échappe au naturalisme et tourne au thriller. C’est d’ailleurs
annoncé dès la séquence d’ouverture, superbement onirique :
Pierre se fraye difficilement un chemin dans sa chambre et sa
cuisine, au milieu des vaches. Et il deviendra un héros de polar
paranoïaque pour faire disparaître, la nuit, le cadavre d’un
ruminant, bien plus difficile à enterrer que celui d’un homme
chez Scorsese… Swann Arlaud, impressionnant, comme habité,
devient l’incarnation d’un sacerdoce qui peut virer à
l’enfer.
|
|
|
|
Synopsis
Pierre,
la trentaine, fraîchement diplômé d'études agricoles, prend en
main l'exploitation familiale de vaches laitières. Alors que
Angélique, la boulangère, lui tourne autour, Pierre se bat
contre sa solitude et les difficultés financières. Quand l'une
de ses têtes de bétail est touchée par la maladie de la vache
folle, Pierre préfère sacrifier lui-même sa bête par crainte
que les services vétérinaires ne suppriment tout son cheptel,
soit 25 vaches. Pascale, sa soeur vétérinaire, le prévient que
dissimuler une possible épidémie est passible de prison. Mais
Pierre, qui ne se voit pas faire autre chose de sa vie, veut à
tout prix sauver la ferme...
|
|
Commentaires
Enregistrer un commentaire